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Festival We love green : greenwashing ou médiation culturelle ?

Festival We love green : greenwashing ou médiation culturelle ?
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Festival dédié à la cause écolo, « We love green » s’est déroulé les 4 et 5 juin dans le bois de Vincennes. Si la logistique essaie de se conformer aux valeurs défendues, le peu de prises de position de la part des artistes annule la force de médiation culturelle de l’événement et le fait friser le greenwashing, malgré la sincérité, probable, de l’engagement.
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Samedi 4 juin, des festivaliers s’affairent dans le bois de Vincennes. Armés de bottes et de parkas en tout genre, ils s’acheminent en file indienne, tel un convoi de fourmis, vers La Plaine Saint-Hubert. Direction : We love green. Ce jeune festival, qui veut promouvoir la question écologique, est organisé cette année dans le Bois de Vincennes.

Des artistes peu conscients de l’enjeu

Sa mission de médiation culturelle se traduit essentiellement dans le dispositif : toilettes sèches, poubelles de tri, sacs portables à mégots, panneaux solaires, conférences sur l’environnement, objectifs chiffrés en matière d’alimentation bio et locale proposée sur le festival… Si l’intention est louable, quelle est la part de marketing et de greenwashing dans cette histoire ? Sur scènes en tout cas, les artistes ne semblent pas vraiment faire mention de la cause.

Festival We love greenLa présence de certains partenaires surprend, comme Yves Rocher dont la gamme bio ne représente qu’une part restreinte et récente de toute l’offre, ou encore Heineken… Remarquez, dans un cas comme dans l’autre, la couleur verte est bien au rendez-vous ! Néanmoins, alors que les gros annonceurs payent, d’autres plus petits peuvent obtenir des stands gratuits, à l’instar de la start-up Glowee, qui produit de la lumière sans électricité à partir d’une bactérie. We love green, le festival Robin des bois qui prend aux boîtes riches pour laisser s’exprimer les petites, le tout sous couvert de musique ?

Une charte respectueuse de l’environnement

Les participants ne s’y trompent pas. Benjamin Albarede, fondateur de Wine Republik, entreprise qui met en contact les consommateurs et les petits producteurs de vin, explique avoir répondu à un appel d’offres pour être présent sur le festival, notamment pour y proposer des vins bio. « Il est difficile de juger la part de marketing. Pour la sélection des stands, leurs critères reposent sur la qualité. Quant aux artistes, je ne sais pas dans quelle mesure ils viennent pour leur engagement. En tout cas, nous avions à fournir LCD Soundsystem en boissons. Je ne sais s’ils sont écolo, mais au vu de leur choix, ils s’y connaissent en vin ! »

Pour être présents sur le festival, les participants (entreprises ou associations) doivent signer une charte et organiser un stand en harmonie avec l’engagement respectueux de l’environnement de We love green. Le staff bénévole, en revanche, n’a pas vraiment l’air d’être sensibilisé. Alexandre Gicquel, qui avait déjà travaillé pour un autre petit festival, est par exemple en charge du tri. S’il est là, c’est plus pour la musique, l’ambiance du festival et parce que des amis y participent déjà. « Nous n’avons pas eu de débriefing sur les questions écologiques. Mais il y a une équipe chargée de la sensibilisation », confie-t-il.

Une médiation culturelle en pointillés

Finalement, dans la mission que se propose We love green, le risque est de ne s’adresser qu’à un public déjà convaincu, faisant un peu tomber le rôle de médiation culturelle du festival à l’eau – ou dans la boue. Pour anecdote, lors du passage du groupe Hot Chip sur la Grande scène, des festivaliers se sont disputés parce que l’un d’eux jetait des mégots par terre… Quant aux conférences, aussi intéressantes soient-elles, il y a fort à parier qu’elles n’attirent en majorité que des initiés ou des curieux de la question environnementale.

La programmation, certes, peut attirer un public non sensibilisé et l’initier aux toilettes sèches. Mais si le message environnemental n’est pas clairement exprimé par les artistes, à l’image des « Sortez couverts ! » lancés depuis les scènes des Solidays, engagés dans la lutte conte le Sida, difficile de croire que l’objectif exprimé dans l’édito de cette édition – sensibiliser l’opinion et tenter de modifier les comportements – soit atteint.

Chloé GOUDENHOOFT

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