Intermittent : un statut de chômeur?

Je lis dans Le Figaro du 24 octobre que « le nombre de chômeurs indemnisables qui exercent en même temps un petit boulot ou une activité réduite a plus que doublé entre 1995 et 2012, passant de 469 000 à 1,14 million ». Et l’auteur de souligner que « les intermittents du spectacle ne représentent que 7% de ces allocataires en activité réduite ». Cette manière d’écrire « ne représentent QUE » évoque l’idée de surprise. Je pourrais traduire : « On pensait que les chômeurs professionnels qui bossent de temps à autre sont typiquement des intermittents du spectacle, eh bien non ! »

Voilà qui est peut-être symptomatique de l’image que se trimbalent les saltimbanques : une image de « baltringues » qui se lèvent tard et font une petite sortie scénique à l’occasion. La poire pour la soif en quelque sorte. C’est injuste bien sûr, la réalité intime du monde du spectacle est autre. Que traduit cette image stéréotypée ? Primo, qu’il est urgent de se lancer dans une vaste opération de valorisation des métiers du spectacle. Secundo, que le statut d’intermittent ressemble trop à un « statut de chômeur » pour éviter la curée en ce temps où les caisses sont vides. Il y a danger, et ce danger est imminent.
De ces primo et secundo, je déduis un tertio : la nécessité de réfléchir à des mécanismes de solidarité internes au monde du spectacle, l’urgence de rassembler des « Etats généraux du spectacle » qui sachent appréhender et montrer la réalité du spectacle pour poser les bases d’une économie sociale et solidaire du spectacle.

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