La députée Sandrine Doucet défend le PEAC comme politique ambitieuse en milieu scolaire

Le 1er février 2017, Madame Sandrine Doucet, députée de la première circonscription de Gironde, présentait un rapport d’information sur la mise en œuvre du parcours d’éducation artistique et culturelle (PEAC) à échelle territoriale. La députée et son équipe ont effectué des déplacements dans 8 régions différentes afin de rencontrer les acteurs de ce parcours et la manière dont ils l’appliquent.

L’occasion de constater les points positifs d’une part, les besoins d’amélioration d’autre part. Profession Spectacle s’est entretenu avec Sandrine Doucet.

Une mise en place pas toujours coordonnée

Le délai imparti pour la réalisation de ce rapport était court ; telle est sans nul doute la difficulté majeure du travail d’investigation qu’il a nécessité. Il s’agissait de rendre compte du développement du PEAC sur le territoire français en seulement huit semaines. « Je voulais rencontrer les acteurs des administrations concernées : rectorats, DRAC, préfecture… Et, en même temps, je souhaitais avoir des expériences de terrain avec des partenaires extérieurs : artistes, activités territoriales, professionnels de la culture… » Cette démarche impliquait donc une participation active des institutions sollicitées et des partenaires.

Les rencontres s’effectuèrent en deux temps : une présentation des projets en cours sur le terrain et une table ronde au cours de laquelle chacun fut invité à s’exprimer. Ce fut l’occasion de « moments révélateurs », explique la députée. En effet, si de nombreuses initiatives ont été présentées, elles n’étaient pas toujours le fruit d’actions conjointes entre les institutions éducatives et les partenaires extérieurs, qui parfois se rencontraient pour la première fois sur ce sujet. « Il n’y avait pas toujours de communication : les enseignants ne connaissaient pas les agendas d’activités périscolaires. Chacun est sur son champ professionnel ou disciplinaire. »

D’où une insistance particulière, dans les préconisations de ce rapport, « sur la place de l’artiste, le travail conjoint avec les enseignants et aussi sur les formations conjointes entre enseignants, animateurs, structures, collectivités territoriales ».

Face au « poids de l’aléatoire » constaté, quelles solutions ?

Au vu des différentes situations présentées – Sandrine Doucet s’est rendue à Bordeaux, Perpignan, Strasbourg, Pantin, l’Aigle, Blois, L’Isle-d’Abeau et Mauriac –, le rapport relève un certain « poids de l’aléatoire » qui ne favorise pas la réduction des inégalités. Certains territoires semblent plus démunis.

En réalité, les projets sont possibles à bien des échelles, à condition que les établissements scolaires s’investissent. Pour cela, Sandrine Doucet insiste sur l’importance de formaliser les choses par écrit : « Nous sommes sur un projet culturel au sein de l’école. Cela permet aux équipes pédagogiques d’investir ce champ culturel. On peut faire de l’approche culturelle partout à condition de s’en donner les moyens. » En ce sens, les préconisations du rapport invitent à rendre obligatoire le volet culturel dans le projet d’établissement.

Comment simplifier les démarches administratives ?

Autre constat du rapport : le frein des démarches administratives qui, parfois, découragent les initiatives et empêchent de possibles partenariats entre artistes et écoles (critères d’éligibilité multiples, lenteur des démarches…).

Sandrine Doucet est partisane d’une simplification du processus. « On ne rajoute pas de structure. Nous devons partir de l’existant et composer avec. Pour simplifier, il faut qu’il y ait une seule personne investie sur le sujet, qui connaisse les institutions, facilite l’évolution des dossiers et assure l’interface entre les écoles, les structures d’animation et les collectivités territoriales. » La députée estime que le cadre idéal est la communauté de communes : elle constitue l’environnement des jeunes durant toute leur scolarité et perçoit davantage leurs besoins ainsi que les projets culturels les plus adéquats.

Toutefois, la priorité accordée au développement du PEAC reste pour l’instant variable selon les municipalités. C’est la question des « égoïsmes au sein des communautés de communes ». Sandrine Doucet évoque la mise en place d’une cartographie qui permettrait de repérer les lieux « où cela pèche » : « Il faut que, sous l’autorité du préfet, cartographie en main, on se rende aux endroits concernés pour leur proposer financement et accompagnement ».

Les remaniements politiques menacent-ils la pérennité des projets en cours ?

Dans la mesure où le PEAC s’inscrit dans la politique de François Hollande, l’actualité des élections présidentielles, avec le changement de gouvernement à venir, ne remet-elle pas en question la pérennité de ces démarches ? Selon la députée, c’est un panel d’outils qui est instauré là, et destiné à être développé. Quelles que soient les instances politiques à venir, ça doit leur donner envie de continuer. « On ne rajoute rien à l’existant, si ce n’est la volonté politique de l’État et la désignation des territoires qui ne sont pas pourvus de parcours. »

Sandrine Doucet reconnaît en revanche le risque réel d’une interprétation subjective du PEAC, pouvant brider les initiatives artistiques et culturelles. « Oui, le risque existe. C’est par l’ouverture des lieux dédiés à ces activités, avec leur gestion propre par des artistes et des professionnels, que l’on pourra éviter cet écueil» Une possibilité qui dépend donc de la bonne coordination des instances locales, tant politiques que pédagogiques et culturelles. « C’est une politique ambitieuse, car elle s’adresse aux plus modestes », conclut-elle avec enthousiasme.

Joseph RIXÈRE

En téléchargement : Rapport de Sandrine Doucet sur le PEAC.

728×90
728×90

Related posts

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :