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Le festival rennais Travelling en immersion à Séoul

Le festival rennais Travelling en immersion à Séoul
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La 27e édition du festival de cinéma Travelling se conclut ce mardi à Rennes, après la projection de plus de 200 films et une semaine passée à la découverte de Séoul, au cœur du cinéma sud-coréen. C’est aussi un lieu de rencontres essentiel pour les professionnels du secteur.

« À l’heure où l’actualité pousse certains à fermer les frontières, Travelling les ouvre en grand ». C’est par cette phrase volontairement engagée que le festival cinématographique rennais a ouvert sa 27e édition, en début de semaine dernière. Enchaînant avec un « Bon voyage ! » toujours de circonstance car, depuis sa création en 1990 par l’association Clair Obscur, Travelling a pris le parti d’emmener ses spectateurs visiter les grandes villes du monde à travers le cinéma : Oslo l’an dernier, qui avait réuni 34 000 visiteurs, Rio en 2014, Bruxelles en 2012, Mexico en 2011, Istanbul en 2010, Jérusalem en 2009, ou plus lointain Téhéran en 2003, Tokyo en 1998, ou encore New-York en 1993…

C’est Séoul et le bouillant cinéma sud-coréen qui était en haut de l’affiche 2016. « Enfin ! », sourit Anne Le Hénaff. La directrice artistique du festival confie en effet que « choisir Séoul, cela fait quasiment une dizaine d’années que l’on y pense ! C’était une envie extrêmement forte car le cinéma sud-coréen est tellement hallucinant ! Il est arrivé sur le devant de la scène à la fin des années 90-début des années 2000, en explosant totalement les codes habituels dans la mise en scène, la photographie, la narration… » Le cinéma sud-coréen s’est alors popularisé, porté par de prestigieuses récompenses dans les festivals de cinéma, comme le Grand prix du jury au festival de Cannes décerné au film Old Boy de Park Chan-wook en 2004.

36 films sud-coréens en projection

Cette année, ce sont pas moins de 36 films ayant pour cadre Séoul qui ont été projetés. « C’est l’une des premières fois que l’on n’a pas pu aller directement sur place, en Corée du Sud, pour des contraintes financières, regrette Anne Le Hénaff. On a donc travaillé avec un consultant sur place, Simon Daniellou, docteur en cinéma et correspondant à Séoul, pour nous aiguiller et faire le lien avec les producteurs. ». Les films sélectionnés se veulent le reflet de cette ville, mégalopole cosmopolite de plus de 10 millions d’habitants, où se mêle un rythme de vie effréné, porté par une vigueur économique, mais aussi des inégalités sociales criantes et un mal-être caractérisé. La Corée du Sud détient le triste record du plus grand taux de suicide par an dans les pays industrialisés.

Les films étaient répartis en plusieurs catégories : le Séoul des amants, le Séoul d’après-guerre(s), les ruelles de Séoul, le Séoul des laissés-pour-compte, le Séoul des nouveaux riches, le Séoul de la classe moyenne, le Séoul de la jeunesse. Pour une plongée ethnographique à travers le cinéma.

260 professionnels accrédités

Travelling festival afficheAvec 260 professionnels accrédités en moyenne, l’autre temps fort – comme chaque année du festival – est l’organisation de rencontres, de réunions réussissant le monde du cinéma et particulièrement, bien sûr, le monde du cinéma breton. De nombreux films produits en région Bretagne étaient donc à l’affiche, certains en avant-première comme le film Suite Armoricaine de Pascale Breton, tourné à Rennes. La société de production rennaise Mille et Une Films a également profité du festival pour fêter ses vingt ans d’existence, avec la projection de huit de ses films. Des conférences étaient aussi organisées sur la post-production et les métiers du montage par exemple, ou sur la réalisation d’une série de fiction. Plusieurs associations d’intermittents, de comédiens et de techniciens ont enfin profité du festival pour tenir leur assemblée générale. « Ces espaces de rencontres sont un élément très important pour nous, insiste Anne Le Hénaff, « car en tant que professionnels du cinéma, nous sommes toujours pris dans un tourbillon d’activités. Travelling est l’occasion, pendant une semaine, de se créer des temps de rencontres. Ce que j’appelle des moments suspendus ».

À voir pour s’initier au cinéma sud-coréen

Finissons par un peu de cinéma sud-coréen pour les nuls ! Anne Le Hénaff nous livre deux coups de cœur pour les non-initiés. « Pour avoir un bon aperçu de la richesse de ce cinéma, je vous conseillerais deux films de Bong Joon-Ho, l’un des réalisateurs sud-coréens les plus importants et créatifs. Regardez déjà son premier film Barking Dogs Never Bite. C’est une comédie satirique, un mélodrame totalement burlesque et un peu déjanté.

Regardez ensuite The Host. C’est l’affiche du festival de cette année (voir ci-dessus). C’est un film fantastique où une fillette est enlevée par une créature qui surgit du fleuve de la ville, mais ce n’est pas qu’un film de monstre. C’est aussi une comédie et une critique politique et écologiste. Ces deux films sont un bon aperçu de la folie créatrice du cinéma sud-coréen. »

 Xavier GRIMAULT

En savoir plus : site du festival Travelling.

 

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