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L’École du One Man Show : faire rire est un métier !

L’École du One Man Show : faire rire est un métier !
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Début septembre, c’est la rentrée des classes pour la promotion 2017-2018 de l’École du One Man Show, à Paris. Cette année encore, nombreux sont les élèves qui franchissent le pas ! Noble aspiration que de faire rire, mais qui demande travail, ténacité… et talent. Avec cette devise à son fronton, l’école entend contribuer à graver les lettres de noblesse d’un métier né pour le plaisir du roi.

Faire rire, c’est du sérieux ! Les élèves qui s’inscrivent à l’École du One Man Show en sont persuadés. C’est un état d’esprit, une envie, un plaisir, une audace, une volonté. C’est un métier exigeant opiniâtreté et constance, et qui ne souffre pas d’être appris « sur le tas ».

Professionnalisation de l’humour et des humoristes

Sans cadre, sans professeurs, sans entraide, quelles sont les chances que ce rêve d’être humoriste ne se perde pas en illusions ? C’est pour répondre à cette question que William Pasquiet a créé ses premiers ateliers dans les années 90. À ce moment-là, il présentait un duo comique avec Alexandre Delimoges, lequel deviendra directeur de l’école. « Cette idée a été lancée après une discussion avec Marie-Caroline Burnat, alors directrice du Point-Virgule où nous jouions, se souvient ce dernier. Elle auditionnait des jeunes qui n’étaient pas prêts, car pas formés, pas rigoureux… pas pros ! »

Sous le « marrainage » de Sylvie Joly, l’École du One Man Show a donc été créée en 1994 et a investi le théâtre Chez les Fous et le théâtre Le Bout, à Paris, avec cet objectif ambitieux de professionnaliser l’humour et l’humoriste. Depuis vingt-quatre ans, son approche pédagogique consiste à aider les élèves à travailler leur singularité. Ils approfondissent aussi leur écriture et leur technique ; ils sont instruits sur la création de concepts, la manière de communiquer et de se vendre.

Cette complète immersion a permis à de nombreux talents de se révéler, comme Bérengère Krief, Gaspard Proust, Guillaume Bats, Arnaud Ducret…

Toutes les semaines, ils testent leurs sketches et se frottent au jugement du public sur deux plateaux (Open PRO et Big Show), dans des théâtres parisiens. Ils sont auditionnés, suivis et évalués chaque trimestre. « Nous ne leur mentons jamais, insiste Alexandre Delimoges, ni sur les difficultés, ni sur leur niveau. » L’équipe encadrante est constituée de professionnels spécialisés, d’artistes en activité et reconnus. Les élèves bénéficient aussi de master class dirigées par des artistes confirmés, comme Anne Roumanoff, marraine de l’école depuis quinze ans. Cette complète immersion a permis à de nombreux talents de se révéler, comme Bérengère Krief, Gaspard Proust, Guillaume Bats, Arnaud Ducret…


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Beaucoup de prétendants et peu d’élus

Différentes filières, selon les niveaux et le projet de chacun, sont accessibles aux 180 élèves qui s’inscrivent chaque année. Elles intéressent des profils très variés et de tous âges, de l’adolescence jusqu’à la retraite. Certains rêvent d’une carrière, d’autres désirent développer leur confiance. « J’ai vu des élèves, débutant pour le plaisir en filière Tremplin, qui se sont pris au jeu et ont passé une audition pour intégrer la filière Pro », remarque Christophe Zinck, professeur pour la filière Impro. D’autres choisissent la filière professionnelle, alors qu’ils sont déjà installés dans la vie, pour renouer avec leur rêve d’enfant. Mais la consécration n’est pas toujours au bout du chemin. « Le succès est très aléatoire, confirme Christophe Zinck. C’est comme dans tout métier, il faut travailler. » Il a ainsi vu des élèves moins doués que d’autres percer grâce à un travail régulier.

Il ne suffit pas d’être bon, il faut encore remplir les salles et ne pas rechigner à travailler en parallèle

La devise « Devenir humoriste = Travail + Ténacité + Talent », gravée sur les portes de théâtre Chez les Fous, serait-elle donc le sésame pour une consécration artistique ? Bien sûr que non ! Il y a beaucoup de prétendants au succès et peu d’élus sur la durée. Il ne suffit pas d’être bon, il faut encore remplir les salles et ne pas rechigner à travailler en parallèle. Ainsi, à ses débuts, Christophe Zinck a alterné entre le costume du serveur et celui du comédien. « Ce double emploi a nourri mon premier one-man show, Monsieur Zinc au restaurant », souligne-t-il, comme en clin d’œil.

Un secteur en croissance, entre dynamisme et craintes

Si le succès est une inconnue de l’équation, il est certain que l’engouement pour le one-(wo)man show ou le stand-up est une réalité qui ne faiblit pas. « Il y a vingt ans, il y en avait une dizaine au festival d’Avignon, aujourd’hui, il y en a près de trois cents », précise Alexandre Delimoges. Une quarantaine d’anciens élèves étaient d’ailleurs présents au Off d’Avignon.

Deux facteurs contribueraient à cette forte augmentation : d’une part, un public de plus en plus friand de divertissements à cause de la crise ; d’autre part, une génération de jeunes qui a grandi avec des émissions TV comme le Jamel Comedy Club et qui a envie de se raconter, tel un détournement de la réalité, par le rire.

Ce n’est pas tant le nombre grandissant d’humoristes que craint Alexandre Delimoges, mais bien la forte baisse du niveau général des propositions. Selon lui, elle habituerait peu à peu le public à une moindre exigence. L’analyse de celui qui œuvre pour la professionnalisation du métier depuis vingt-quatre ans sonne comme un signal d’alarme. On aura compris qu’on ne s’improvise pas humoriste, on le devient.

Nathalie GENDREAU

Alexandre Delimoges devant l’École du One Man Show



Photographie de Une – Classe Pro intensifs – promotion 2017-2018 (crédits Franck Calabrone)



 

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