Petites salles : Le Thalie

Les petites salles manquent de moyens mais maintiennent une activité théâtrale à travers toute la France. Pour ouvrir la rubrique que Profession spectacle leur consacrera désormais, nous avons rencontré Hervé Letoret, directeur administratif du Thalie Théâtre de Moret-sur-Loing et Catherine Geneste, directrice artistique.

Depuis quand votre théâtre existe-t-il ?
Hervé et Catherine : Voilà 19 ans, avec une bande de copains, nous avions créé ici, à Moret-sur-Loing, le festival de l’humour, où des artistes comme Dany Boon ou Djamel Debouzze ont fait leurs premières armes et qui a aujourd’hui une vraie notoriété. Nous avons par la suite voulu un théâtre – une passion pour Catherine, qui en a fait en amateur.

Nous avons commencé dans un tout petit lieu d’une cinquantaine de place, un « module d’essai ». Depuis, l’essai a été transformé… Nous entamons notre septième saison et la quatrième dans cette salle plus grande, qui accueille 106 spectateurs.

Pour monter vos spectacles, faites- vous appel à des amateurs ou à des professionnels ?
À des professionnels. Nous allons voir jouer les pièces préalablement – sauf les créations, que nous montons avec des artistes que nous connaissons bien, comme Jean-Jacques Devaux. Nous ne choisissons jamais « sur catalogue », nous ne présentons que des spectacles que nous aimons.

Cette saison, nous programmerons par exemple en décembre Chansons croisées, de Marciel, l’inventeur du cinéma théâtre, qui est tombé amoureux de notre petite salle ; puis, du 31 décembre au 3 janvier, Le Chalet qui fait peur, actuellement à l’affiche à Paris ; et en février, Le Clan des divorcés

Comment faites-vous connaître vos spectacles ?
En distribuant de petites brochures, par des affiches, par le journal local, La République, et surtout par Internet : nous envoyons des mailings à tous nos abonnés.

Financièrement, cette activité est-elle rentable ?
Non, c’est une belle danseuse qui n’a pas de viabilité économique. Nous ne perdons pas d’argent, mais nous n’en gagnons pas. Nous pouvons nous le permettre parce que nous menons cette activité à côté de notre profession, qui n’a rien à voir avec le spectacle.

Comment payez-vous les artistes ?
Ils ne viennent pas ici pour faire fortune ! Mais ils savent qu’ils seront bien reçus, que le théâtre est pro, la technique aussi, et qu’ils auront un bon public, heureux d’être là et qui les remercie en sortant. S’ils viennent en dépit de nos moyens limités, c’est qu’ils y trouvent un intérêt.

Propos recueillis

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