Connu pour sa collaboration avec Brecht, Kurt Weill est aussi un grand compositeur d’œuvres symphoniques. En témoigne ce petit bijou aux thèmes mordants et ironiques, créé à Amsterdam il y a 87 ans jour pour jour.

Kurt Weill, on le connaît pour ses chansons de cabaret chantés avec la voix « popu » de Lotte Kenya et reprises bien plus tard par Ute Lemper, ses œuvres pour le théâtre avec Brecht comme l’Opéra de Quat’sous`, son Berliner Requiem, etc. On sait aussi qu’il a pu fuir l’Allemagne nazie qui pourchassait les communistes comme Brecht – et leurs collaborateurs proches – tout autant que les auteurs de musique dite « dégénérée ». On sait bien qui étaient les vrais dégénérés…

On connaît moins ses symphonies, et notamment la seconde. Commandée par la riche mécène française Edmonde de Polignac, l’œuvre est composée pendant le passage de Weill à Paris au début de son exil, en 1933. Elle comporte trois mouvements et constitue un petit bijou qui fait appel à diverses influences, avec une orchestration qui n’est pas trop lourde – ce qui est assez caractéristique de Weill au demeurant.

On reconnaît cependant bien Weill, par les thèmes mordants et ironiques – mais aussi très mélodiques – qu’on entend dès le premier mouvement. On ne peut que regretter de ne pas la trouver dans les très conservateurs programmes de concert, car elle serait passionnante à écouter directement sur scène.

C’est Bruno Walter qui dirige l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, dans cette ville, où la symphonie est créée voici quatre-vingt-sept ans. Il faut attendre des décennies avant qu’elle soit redécouverte et célébrée à sa juste valeur, ici sous la direction d’Edo de Waart, à Leipzig.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »