Instant classique – 13 juillet 1909… 111 ans jour pour jour. C’est pour honorer la mémoire d’un cher ami disparu la même année qu’Elgar compose ce court adagio pour orchestre à cordes, qu’il baptise « Elegy ». Cet ami, c’est August Jaeger, un émigré d’origine allemande, qui avait travaillé pour l’éditeur musical Novello et qui avait accompagné les premiers ouvrages du jeune Elgar.

Le choc pour Edward Elgar est important : Jaeger n’avait que quarante-neuf ans (Elgar était plus vieux de trois ans). Le compositeur ne s’étend guère sur cette œuvre, non pas qu’il la néglige, bien au contraire : c’est un morceau du cœur, très personnel. C’est aussi peut-être parce qu’un autre morceau lui avait déjà été dédié dix ans auparavant, et pas n’importe lequel : le merveilleux, miraculeux, poignant Nimrod des Variations Enigma, c’était aussi Jaeger.

J’ai choisi une interprétation assez ancienne, dirigée par sir John Barbirolli, qui craque un peu, mais qui restitue bien tout ce que devait être l’état d’esprit d’Elgar en ce 13 juillet 1909, alors qu’il crée la partition lors d’un concert-hommage, à la Worshipful Company of musicians, Mansion House à Londres, et ce même si la dédicace est portée à un certain Révérend Haddon.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »