Il y a 183 ans, Mendelssohn achève à 29 ans sa première sonate pour violoncelle et piano, une œuvre que le compositeur dit ne pas aimer. Pourtant, elle est loin d’être dénuée d’intérêt… Pour preuve, Brahms n’en oubliera ni la structure ni le langage.

C’est le 13 octobre 1838 que Felix Mendelssohn achève sa première sonate pour violoncelle et piano. Il a vingt-neuf ans et, s’il se met au violoncelle, c’est pour son frère Paul, violoncelliste amateur, pour qui il a déjà composé des variations presque dix ans auparavant.

Mendelssohn, qui commence en mai 1838, laisse de côté pendant plusieurs mois cette partition pour écrire sa sonate pour violon et piano, qui ne lui plaît de toute façon pas. Il reprend la sonate pour violoncelle et la termine donc voici cent quatre-vingt-trois ans. Pourtant, l’œuvre ne lui plaît pas davantage : « Elle vient de paraître, écrit-il à son ami F. Hiller au printemps 1839. Je te l’envoie seulement à cause de la jolie couverture, et aussi parce que c’est une nouveauté. Autrement, elle ne vaut pas grand-chose. »

Fausse modestie ? Ses trois mouvements sont de fait un peu inégaux, mais ils ne sont pas dénués d’intérêt. Brahms, d’ailleurs, n’oubliera pas la structure et le langage employés par Mendelssohn dans cette œuvre, que voici ici interprétée par Antonio Meneses au violoncelle, très grand artiste brésilien.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »