17 avril 1910… 111 ans jour pour jour – Coincé entre ses compatriotes Dvořák et Janaček, Vitezslav Novák a beaucoup de mal à se faire une place dans la musique. Il signe pourtant aujourd’hui son plus grand chef-d’œuvre, hélas méconnu : une adaptation tempétueuse en cantate pour solistes, chœur et orchestre d’un poème de Svatopluk Čech.

J’évoquais hier la gloire nationale tchèque qu’est devenu Dvořák au moment de la création de son dernier quatuor. Aujourd’hui, je vous parle de son élève, Vitezslav Novák (1870-1949), qui succède à son mentor au Conservatoire de Prague, qu’il dirige lui-même. Fidèle à la figure tutélaire du maître, ce grand compositeur et pédagogue, a beaucoup de mal à se faire une place entre Dvořák et Janaček, dans la mémoire collective. Post-romantique admirateur de Strauss, il est également influencé par la musique dite “impressionniste” à la Debussy, tout en faisant remarquer qu’il a lui-même développé ces tendances sans connaître son collègue français.

Son plus grand chef-d’œuvre est créé voici cent onze ans aujourd’hui. Il s’agit de l’adaptation en cantate pour solistes, chœur et orchestre d’une « fantaisie maritime » du poète Svatopluk Čech, La Tempête (“Bouře” en tchèque), qu’un autre grand musicien tchèque, Zdenek Fibich, avait mise en musique. Novák compose pendant deux ans, aboutissant à une partition immense, de plus d’une heure, d’une inspiration constante et fascinante, très influencée par le post-romantisme allemand, mais traversée de thèmes et de chants populaires.

C’est une « fantaisie » assez sombre, un peu compliquée à vous raconter, mais dont je vous propose ici les dernières mesures, apaisées après la tempête. Il n’existe – je crois – qu’un seul enregistrement de ce chef-d’œuvre tout à fait méconnu par ici : il a plus de soixante ans mais est dirigé par un grand spécialiste de la musique de son pays, Jaroslav Krombholc, ici à la tête de la Philharmonie tchèque.

 

Cédric MANUEL

 



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Rubrique : éphéméride