20 juillet 1924… 97 ans jour pour jour – Schönberg compose une sérénade qui n’a pas encore tout à fait l’austérité si sèche et dépourvue d’émotion de la musique dodécaphonique. Une œuvre qui grince et gratouille…

C’est pour un petit ensemble (huit instruments : clarinette, clarinette basse, mandoline, guitare, violon, alto, violoncelle et voix de baryton-basse) qu’Arnold Schönberg écrit entre 1920 et 1923 (tout de même) une Sérénade. L’objet est de traduire en musique le sonnet 217 de Pétrarque dans le mouvement central de la partition, qui en compte sept.

Je vous en fais grâce car je trouve le chant du baryton-basse très pénible. À ce moment-là de sa production artistique, Schönberg peaufine la technique du dodécaphonisme, dont il se fait le héraut avec Webern. Mais il utilise dans cette œuvre en particulier des réminiscences du classicisme voire du baroque. Si je dis qu’il peaufine, c’est qu’il est resté absolument silencieux pendant plusieurs années, travaillant seul à cette construction si particulière à travers son septuor ou encore l’importante Échelle de Jacob. Le 20 juillet 1924, Schoenberg présente sa sérénade lors de la quatrième édition du Festival de Donaueschingen, manifestation dédiée à la musique contemporaine et qui existe toujours.

Cette partition reste l’une des plus accessibles de Schoenberg par son charme très viennois, qui n’a pas encore tout à fait l’austérité si sèche et dépourvue d’émotion de la musique dodécaphonique. Mais je suis subjectif… Il n’empêche. Si j’osais une remarque un peu sexiste (pourvu qu’on me pardonne !), je me demande qui le brave Arnold a pu emballer avec une telle sérénade, qui grince et qui gratouille…

Je vous en propose la première partie (Marche et menuet-trio) et devinez par qui : par un autre pilier de ce fameux festival, grand spécialiste du compositeur autrichien, Pierre Boulez.

Cédric MANUEL



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