23 juillet 1866… 155 ans jour pour jour – Francesco Cilea est, pour la postérité, l’auteur d’une seule œuvre : Adriana Lecouvreur. Il a pourtant beaucoup composé, dans un style essentiellement lyrique. Son anniversaire est l’occasion de (re-)découvrir son travail.

C’est en Calabre, à Palmi, petite ville située presque au niveau des orteils de la botte italienne, que naît voici cent cinquante-cinq ans Francesco Cilea. Son père, avocat aisé, espère que son fils lui succèdera, mais doit se rendre à l’évidence : Francesco montre de grandes dispositions et même des dons pour la musique.

À neuf ans, il présente même ses premières compositions à l’influent bibliothécaire du conservatoire de Naples, Francesco Florimo, qui le pousse à entrer au dit Conservatoire. C’est chose faite à l’âge de quinze ans et pour huit ans. Mais sa jeunesse se brise d’un seul coup : sa mère est atteinte d’une grave maladie mentale et son père meurt subitement. C’est donc sur Francesco que repose la survie de la famille. Malgré ses talents, Cilea n’est pas un génie ; il devient toutefois directeur du même conservatoire et, pour la postérité, l’auteur d’une seule œuvre, un peu comme un Catalani ou un Leoncavallo. Pour lui, ce sera Adriana Lecouvreur, mais ça, c’est une autre histoire.

Si l’Arlesiana, d’après Daudet, est sa première œuvre ambitieuse, en 1898, c’est avec Gina qu’il commence en 1889 sa carrière de compositeur, laquelle sera essentiellement lyrique. Voici l’ouverture de cette œuvre encore hésitante, dont le style est très marqué par son siècle (plutôt le milieu du XIXe d’ailleurs), mais avec un sens mélodique déjà perceptible. Il est ici servi par un orchestre bien modeste et sans doute assez peu fourni en effectifs, mais c’est un témoignage important de ce premier opus lyrique.

Cédric MANUEL



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