Instant classique – 27 janvier 1906… 115 ans jour pour jour. Ernest Bloch compose deux poèmes qui sont un véritable baume, qu’il nomme Hiver, d’une beauté très sombre et envoûtante, et Printemps, qui évoque le réveil de la nature et de la lumière. Bref, une petite douceur du matin.

Ernest Bloch, assez peu connu du grand public, est un compositeur qui mérite lui aussi le détour d’oreille. Pas seulement pour son chef d’œuvre le plus connu, Schelomo pour violoncelle et orchestre, qui repose sur des thèmes hébraïques, mais aussi pour ses compositions de jeunesse.

Bloch est né à Genève en 1880. C’est un violoniste de formation et il étudie également la composition lors d’un séjour en Allemagne. Il a vingt-trois ans lorsqu’il rencontre Debussy à Paris, ce qui aura un net effet sur son premier style. Rentré à Genève, c’est là qu’il écrit ces deux poèmes pour orchestre entre 1904 et 1905 qu’il nomme Hiver et Printemps. Le premier est d’une beauté très sombre et très envoûtante, les cordes y prédominent nettement. C’est un hiver qui ne manque pas de charme ! Le printemps, évidemment, fait la part belle aux vents (notamment aux bois), avec une musique qui évoque bien davantage le réveil de la nature et la lumière. Ces deux poèmes sont un véritable baume. Et comme ils ne sont pas longs, je vous offre les deux, bien que nous soyons en hiver et pas des plus lumineux.

Alors que le compositeur fera reposer son œuvre très largement sur les mélodies inspirées de la religion juive, ces deux poèmes restent tournés vers l’influence du romantisme tardif français ou encore de Frederick Delius, Anglais installé en France. Bloch crée cette partition à Genève voici cent quinze ans aujourd’hui et restera en Suisse jusqu’en 1916, date de son départ définitif aux États-Unis. C’est là qu’il retravaillera ces deux poèmes, dont nous avons la version révisée, mais elle n’omet rien du pouvoir d’évocation de l’original.

Bref, une petite douceur du matin.

Cédric MANUEL



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