Instant classique – 7 mars 1893… 127 ans jour pour jour. Fichue camarde, foutue faucheuse, qui vient chercher Guillaume Lekeu, vingt-quatre ans à peine, emporté par la fièvre typhoïde début 1894 après avoir mangé une glace contaminée…

Qu’aurait-il pu nous donner, ce « Rimbaud de la musique » comme certains l’appellent, s’il n’était pas parti si tôt ?
Car Guillaume Lekeu en a laissé assez pour s’en douter et le regretter.

À peine quelques mois avant le drame, le jeune compositeur belge remet une sonate pour piano et violon à son commanditaire et dédicataire, le grand violoniste Eugène Ysaye, qui a repéré le talent insolent et précoce du compositeur. Il semble que cette partition ait donné « une peine infinie » à son auteur.

Créée il y a cent vingt-sept ans, la sonate remporte pourtant un triomphe retentissant à Bruxelles. Il faut dire que c’est une fort belle œuvre, lyrique, passionnée, mais retenue, pleine de richesse mélodique et vigoureuse.

En voici le dernier mouvement, sur lequel vous n’aurez qu’à vous laisser porter et dont une partie du matériau thématique viendrait de chants populaires wallons, ce qui semble aujourd’hui certain, avec un je-ne-sais quoi de désabusé. Facile à dire lorsqu’on connaît le destin de ce jeune génie. L’interprétation que j’ai trouvée, outre qu’elle est parfaitement captée, donne une pêche d’enfer. Jugez vous-même.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »