Critique – Dans un climat de violence sociale et humaine généralisé, deux hommes entament une course poursuite jusqu’au Donnybrook, tournoi clandestin de combat à poings nus qui se déroule dans les forêts de L’Indiana. Un film tout en tension brute signé Tom Sutton, servi par d’excellents acteurs et une riche bande son.

Si la sortie en Blu-ray et DVD de Donnybrook est repoussée en raison des événements récents, le film sort en exclusivité ce mercredi 25 mars sur toutes les plates-formes VàD.

Synopsis – Ex-marine, Jarhead est un père prêt à tout pour sortir sa famille de la misère, mais c’est aussi un combattant redoutable. Le Donnybrook, un tournoi clandestin de combat à poings nus qui se déroule dans les forêts de l’Indiana, constitue pour lui une chance unique d’accéder à une vie meilleure. Le prix accordé en espèces au gagnant pourrait résoudre tous ses problèmes. Chainsaw Angus, de son côté, a raccroché les gants depuis longtemps. Ancien combattant clandestin, il s’est reconverti avec sa sœur, Delia, dans la fabrication de méthamphétamine.

Plongée dans une violence sans pourquoi

Le scénariste et réalisateur Tim Sutton, auteur de films indépendants tels que Pavilion (2012) et Dark Night (2016), film choral qui raconte la tragédie d’une fusillade dans un multiplexe, s’inspire dans Donnybrook d’un roman de Franck Bill, écrivain américain originaire de l’Indiana, pour tirer de nouveau le fil de la violence, qu’il associe ici à la misère sociale.

Qui sont Jarhead, Angus et Delia ? Quelle est leur histoire ? Qu’ont-ils vécu qui explique cette frénétique brutalité qui traverse le film de part en part ? Pourquoi le meurtre des frères au début du film ? Pourquoi la femme de Jarhead est-elle toxicomane ? Pourquoi Delia est-elle prise entre Eros et Thanatos, lors de la scène sexuelle qui aboutit à une balle dans la tête ?

Tim Sutton n’en dit rien. Le réalisateur ne se soucie pas de développer ses personnages, de leur donner une consistance autre que leur seule présence corporelle, presque sans langage, à l’écran. L’esquisse des personnages et les ellipses narratives donnent une force brute à l’histoire. Il n’y a pas d’avant ni d’après : nous sommes pris dans une succession d’instants qui nous échappent, sur lesquels nous ne pouvons poser la main.

La violence est un état de fait généralisé, sans cause ni finalité. « Savoir se battre, c’est tout ce qui compte au Donnybrook », explique le passeur dans la première scène du film. La dernière réplique du film, prononcée par Jarhead, y fait écho : ‘‘He fought for it. This is the only way for folks like us’’ (« Il s’est battu. C’est le seul moyen pour des gars comme nous »). Se battre, faire sienne la violence ambiante, partout, tout le temps. Cette violence est antérieure aux protagonistes, elle les précède, les traverse et se prolonge au-delà d’eux.

 

Lire la critique complète de Pierre Monastier et Pauline Angot sur le site du journal Profession Audio|Visuel.

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