Bras droit de Valérie Pécresse en tant que 1er vice-président de la région Île-de-France, Jérôme Chartier a prononcé un discours lors de l’inauguration des bâtiments rénovés de Royaumont. Si son propos porta d’abord sur la qualité du travail réalisé, il a progressivement pris l’allure d’un bilan des initiatives culturelles menées par la Droite depuis leur arrivée l’an dernier à la tête de la région ; le Val-d’Oisien Jérôme Chartier n’a pas craint pour finir de livrer sa vision de l’art.

Extraits.

« Vous sentez tous comme moi, à quel point l’esprit particulier de Royaumont nous inspire, nous rend plus serein, plus apaisé. La fondation Royaumont mène ici un travail remarquable, depuis de très nombreuses années, grâce à Francis Maréchal et à toute son équipe. […] Toute cette équipe a fait de ce lieu un carrefour artistique, que je qualifie d’unique et dont le rayonnement, chacun sait, s’étend bien au-delà de notre région et des frontières de notre pays, bref, est désormais international. La région est aux côtés de la Fondation Royaumont dans sa mission que je qualifie d’essentielle d’accompagnement à travers la formation des artistes, à travers la formation professionnelle continue et l’insertion. »

Une augmentation de 20 % des crédits alloués à la culture

« En 2016, nous avons pris la décision de financer, à hauteur de 200 000 euros, 18 000 formations destinées aux musiciens, aux compositeurs, aux chorégraphes et aux danseurs. Depuis notre arrivée aux responsabilités avec Valérie Pécresse, nous avons choisi de faire de la culture une vraie priorité, afin de promouvoir une région ouverte sur le monde, une région fière de ses talents. Nous avons pris l’engagement d’augmenter de 20 % les crédits alloués à la culture, et bien évidemment, nous le tiendrons. En 2016, avec une augmentation de près de 7 %, soit 90 millions d’euros, nous avons déjà accompli, en cette période de disette budgétaire, un pas que je qualifie de significatif. »

Mieux répartir les aides sur l’ensemble de la région

jerome-chartier-1« Mais, au-delà des chiffres, nous avons surtout une volonté de faire de la culture le ciment de notre région. Les Franciliens doivent être fiers de leur territoire, heureux d’y vivre. La politique culturelle de la région y contribuera sans nul doute. Alors que 50 % des subventions étaient concentrées sur deux départements lorsque nous sommes arrivés aux responsabilités avec Valérie, en l’occurrence Paris et la Seine-Saint-Denis, Valérie a pris la décision de mieux répartir les aides sur l’ensemble des départements pour encourager un développement équilibré de notre territoire. Il y a un foisonnement d’initiatives à l’extérieur du périphérique et, en même temps, il y a de très nombreuses inégalités territoriales : il faut y mettre fin et encourager l’ensemble de ces initiatives. Les Franciliens, y compris les plus jeunes, les moins favorisés en-dehors des deux départements que j’ai cités tout à l’heure, doivent pouvoir participer à ce bouillonnement ; ils doivent pouvoir avoir accès à la culture. »

L’art en soi ne sert à rien

« Défendre la cause de la culture doit être un combat de tous les instants pour chacun d’entre nous ; et il l’est, incontestablement je puis vous le dire, pour Valérie Pécresse et pour moi-même. Vous vous attendez sûrement à ce que je vous dise que, dans un monde actuel en proie à la violence et au risque de désagrégation communautariste, nous avons plus que jamais besoin de l’art. C’est vrai en un sens, mais en un sens seulement. Parce que l’art en soi ne sert à rien. Et bien heureusement, l’art est libre de toute vocation utilitaire ou communautariste. L’art n’apporte pas de consolation.

« L’art est libre de toute vocation utilitaire ou communautariste. »

En revanche ce qui est vrai et qui est fabuleux, c’est qu’il peut – l’art, le ravissement – nous faire oublier le monde où nous vivons et nous transporter dans un autre univers. De cela, nous en avons bien besoin effectivement en cette heure. Ce qui est vrai et merveilleux aussi, c’est que l’art modifie notre esprit, notre manière de penser, nous rend plus ouvert, plus accueillant aux échanges et à l’autre, plus conscient aussi, car nous sommes tous des hommes, finalement très proches les uns des autres. L’art, enfin, nous apporte ce sens qui manque parfois dans notre monde actuel, qui paraît souvent chercher des repères, et une boussole aussi, pour pouvoir avancer vers le sens du progrès et du bien. »

Arrêter de vivre sans réfléchir

« L’abbaye de Royaumont, pour tous les habitants du Val-d’Oise, c’est notre chef-d’œuvre à nous, notre bijou architectural, notre trésor culturel. Pour tous les amoureux de la musique, l’abbaye reste un lieu unique. Et pour tous les amis des ‘‘Entretiens de Royaumont’’, c’est le lieu par excellence pour arrêter de vivre sans réfléchir et au contraire, se mettre à réfléchir pour savoir comment vivre mieux dans la société actuelle. »