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	Commentaires sur : « Légende d’une vie » de Stefan Zweig : cap au père	</title>
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	<description>Le journal des professionnels du spectacle vivant</description>
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		Par : “Localement agité” d’Arnaud Bédouet : Narcisse en famille (ou : le club des cinq à la mer) - Profession Spectacle		</title>
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		<dc:creator><![CDATA[“Localement agité” d’Arnaud Bédouet : Narcisse en famille (ou : le club des cinq à la mer) - Profession Spectacle]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Mar 2019 07:37:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[[&#8230;] Voici d’abord Yves, le gardien du temple paternel dans tous les sens du terme car il habite seul la maison de famille bretonne, dernière demeure du père qu’il conserve et muséifie, refusant d’en modifier l’ameublement, la décoration et l’agencement. Yves est celui qui explique et garantit à ses frères et sœur ce qui est « loyal envers papa ». Gardien du temple, il est aussi gardien du rite de la dispersion des cendres commandé par le père : « Papa voulait être sûr que ses cendres partent vers la haute mer et non vers le champ d’artichauts du voisin ; c’est pour ça qu’il a spécifié sud-est. Papa avait une vision poétique et large de sa dispersion dans l’océan ». Mais Yves est aussi l’auteur et le garant de la légende de son père : il en a rédigé et « poétisé » la mort par noyade nocturne sous forme d’apothéose dans un (beau) texte qui relève de l’épopée, de la nécrologie et du tombeau (le tombeau comme genre littéraire) : « Sa peau sans soleil s’avance dans la mer sans couleur. Il va vers les abysses comme le guerrier rentre chez lui… Le cœur s’affole dans un corps statufié… Une mouette rentre et crie pour lui… Les cheveux blancs s’écartent en corolles, filaments d’un nénuphar marin qui part à la dérive. Que voit-il de si extraordinaire au fond pour qu’il offre ainsi et pour toujours son dos de vieillard piqueté aux mouettes qui piaillent l’angélus ? » Yves enfin se bat « pour que l’œuvre de papa soit respectée… pour qu’on reste au plus près de la pensée de papa ». Mais au fond, il cherche à bâtir et préserver, lui aussi, comme dans la pièce éponyme de Stefan Zweig dont nous rendîmes compte dans ce journal il y a quelque temps, la Légende d’une vie. [&#8230;]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>[&#8230;] Voici d’abord Yves, le gardien du temple paternel dans tous les sens du terme car il habite seul la maison de famille bretonne, dernière demeure du père qu’il conserve et muséifie, refusant d’en modifier l’ameublement, la décoration et l’agencement. Yves est celui qui explique et garantit à ses frères et sœur ce qui est « loyal envers papa ». Gardien du temple, il est aussi gardien du rite de la dispersion des cendres commandé par le père : « Papa voulait être sûr que ses cendres partent vers la haute mer et non vers le champ d’artichauts du voisin ; c’est pour ça qu’il a spécifié sud-est. Papa avait une vision poétique et large de sa dispersion dans l’océan ». Mais Yves est aussi l’auteur et le garant de la légende de son père : il en a rédigé et « poétisé » la mort par noyade nocturne sous forme d’apothéose dans un (beau) texte qui relève de l’épopée, de la nécrologie et du tombeau (le tombeau comme genre littéraire) : « Sa peau sans soleil s’avance dans la mer sans couleur. Il va vers les abysses comme le guerrier rentre chez lui… Le cœur s’affole dans un corps statufié… Une mouette rentre et crie pour lui… Les cheveux blancs s’écartent en corolles, filaments d’un nénuphar marin qui part à la dérive. Que voit-il de si extraordinaire au fond pour qu’il offre ainsi et pour toujours son dos de vieillard piqueté aux mouettes qui piaillent l’angélus ? » Yves enfin se bat « pour que l’œuvre de papa soit respectée… pour qu’on reste au plus près de la pensée de papa ». Mais au fond, il cherche à bâtir et préserver, lui aussi, comme dans la pièce éponyme de Stefan Zweig dont nous rendîmes compte dans ce journal il y a quelque temps, la Légende d’une vie. [&#8230;]</p>
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