Petit à petit, le plan se précise, même si les contours restent encore flous. Jean Castex et Roselyne Bachelot ont annoncé les premières mesures concernant le tant attendu plan de soutien. Profession Spectacle vous résume les points essentiels. 

432 millions d’euros pour le spectacle vivant

Le spectacle vivant, privé et public, bénéficiera en effet d’une aide de 432 millions d’euros, a annoncé la ministre de la Culture Roselyne Bachelot à l’issue d’une rencontre entre Jean Castex, elle-même et les représentants du secteur. Il s’agit d’un montant composant l’enveloppe de deux milliards d’euros pour tout le secteur de la culture annoncée par le Premier ministre, mercredi 26 août.

Lors de la rencontre jeudi tenue rue de Valois, le Premier ministre a « annoncé 432 millions d’euros dans le plan de relance, plus 100 millions pour la compensation des pertes d’exploitation. Un effort sans précédent que je piloterai pour sauver un secteur dévasté », a tweeté Mme Bachelot.

 

« Il s’agit de 200 millions pour le spectacle vivant public, répartis entre grands opérateurs comme l’Opéra de Paris, la Comédie-Française et les organismes en région, et de 220 millions pour le théâtre privé », a détaillé à l’AFP Nicolas Dubourg, président du SYNDEAC (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles).

Un nouveau mécanisme de compensation

Jean Castex a également annoncé la création « d’un nouveau mécanisme de compensation pour encourager la reprise d’activité des exploitants de salles de spectacles ». « Une provision de 100 millions d’euros permettra d’assurer son financement dès septembre », a-t-il déclaré. De quoi s’agit-il ? Réservé au secteur privé, il concerne les salles de spectacle mais aussi de cinéma. Le gouvernement espère ainsi inciter les exploitants à rouvrir, même avec la distanciation physique d’un siège sur deux.

L’entourage du Premier ministre précise à Télérama qu’il s’agit bien de « compenser l’exploitation et non le chiffre d’affaire ». « L’État a déjà donné 5 milliards pour compenser l’arrêt d’activité et les pertes depuis début de la crise, l’enveloppe vient s’y ajouter mais ne concerne pas les mêmes pertes. » De source gouvernementale à Télérama, on assure qu’il n’en est rien et que le dispositif n’est pas d’obligatoire. C’est aux exploitants de faire un choix entre recevoir la compensation ou rester fermé. « Quant aux salles de concert debout et aux grandes jauges (interdites à ce jour), elles ne sont évidemment pas concernées par cette mesure et pourront rester fermées », précise le magazine.

Ce dispositif sera instauré après concertation avec les professionnels du secteur, avec effet à compter du 1er septembre 2020 et jusqu’au 31 décembre 2020. Une provision de 100 millions d’euros permettra de financer ce mécanisme dès septembre 2020 pour l’ensemble du secteur culturel et elle viendra s’ajouter au plan de relance de 2 milliards d’euros.

Comment bénéficier de cette aide ? Le gouvernement s’est voulu rassurant : « Elle sera rapide, rétroactive au 1er septembre, et réalisée en étroite collaboration avec eux pour s’adapter au mieux aux conditions réelles. Nous allons en définir les critères, les planchers, les plafonds, afin d’éviter les effets d’aubaine ou les oublis majeurs. »

Les mesures d’urgence prolongées 

Le chômage partiel est ainsi prolongé jusqu’au 31 décembre 2020. Le crédit d’impôt pour le spectacle vivant et le crédit d’impôt phonographique le sont, eux, jusqu’au 31 décembre 2024.

Un soutien direct à la création et à l’emploi

Un dispositif de soutien aux artistes-auteurs fragilisés par la crise sera également mis en place pour un montant total de 13 millions d’euros, dont 7 seront consacrés au spectacle vivant.

Pour contribuer à développer l’emploi pérenne dans le spectacle, le FONPEPS sera abondé à hauteur de 5 millions d’euros. Enfin, un programme exceptionnel de commande artistique, doté de 30 millions, sera également mis en œuvre : il concernera toutes les disciplines dont le spectacle vivant.

Jacques GUILLOUX