Adrien Béal met en scène Les Pièces manquantes, un puzzle théâtral qui se joue sur plusieurs soirées, toutes différentes, car en partie improvisées. Cette proposition artistique croise les fictions, entre personnages fictifs et personnes bien réelles.

Dossier de presse

Note d’intention

Les Pièces manquantes est un puzzle théâtral qui se joue sur plusieurs soirées, toutes différentes, comme une invitation faite au spectateur à naviguer entre les pièces auxquelles il a accès, et celles auxquelles il n’a pas accès. C’est une proposition d’expérience théâtrale non reproductible, en partie improvisée, qui met en rapport un groupe d’actrices et d’acteurs avec un lieu, quartier, théâtre, et un groupe d’adolescents, fictifs et bien réels. Plusieurs fictions s’y croisent, qui toutes pourraient se dérouler dans un même quartier, aux abords du théâtre. Il y est question notamment d’amour entre une adulte et un adolescent, de la disparition énigmatique d’une bande d’adolescents, de rumeurs sur une prise de pouvoir de la jeunesse, et d’une mère qui élève seule ses huit enfants.

Le puzzle est infini. Il ne se boucle pas, il lui manquera toujours des pièces. Chaque soirée est composée de certaines de ces pièces, écrites ou improvisées. Chaque soirée a son titre, ses spécificités, ses invariants, ses imprévus. Le spectateur d’un soir compose avec les pleins et les manques de ce soir-là. Le spectateur de plusieurs soirs circule sans doute différemment dans le puzzle, avec des pièces supplémentaires, et en partageant avec les acteurs l’expérience de la remise en jeu.

Genèse

Ce puzzle théâtral a été inventé, expérimenté, joué à L’Atelier du plateau à Paris, en juin et juillet 2019, dans le cadre de FERIA-débordement d’art. Huit soirées différentes ont été jouées. Chaque soir, deux parties : la première à 18h30 aux abords de L’Atelier du plateau, en extérieur, dans l’espace public ; la seconde à 20h en intérieur. Les huit soirées ont été jouées par le groupe d’actrices et d’acteurs de la compagnie Théâtre Déplié. La moitié du temps, ils étaient accompagnés, et en dialogue avec une fanfare amateure composée de huit adolescents. Ce puzzle n’aurait sans doute pas pu s’inventer ailleurs que dans cet endroit si particulier, avec ces règles du jeu particulières. Nous pouvons maintenant le remettre en jeu ailleurs, l’emmener à la rencontre d’autres espaces, d’autres fanfares, continuer d’en écrire des pièces.

Un terrain de jeu et d’expériences

Dans le travail du Théâtre Déplié, Féria/ Les Pièces manquantes est un terrain inhabituel (format, modalités de travail, cadre de représentation inhabituels…) qui nous permet, par d’autres angles, de poursuivre et renouveler la recherche de la compagnie, et plus précisément le travail mené depuis

perdu connaissance avec le même groupe d’actrices et d’acteurs. C’est un point de tension que nous travaillons, entre le jeu de l’acteur, l’improvisation et l’écriture. Ici, pour expérimenter des programmes inédits chaque soir, la question de l’écriture, même si elle demeure centrale, est abordée différemment, envisagée par le biais de tentatives, d’hypothèses. La mise en jeu de l’acteur, son exposition, son rapport à ses partenaires et aux spectateurs en sont modifiés. La parole est alors activement interrogée comme langage, comme vecteur imparfait de la fiction.

Plus que de raconter des histoires, nous cherchons au fil de nos créations des manières de mettre en jeu les rapports – rapports entre des individus, rapport à un groupe, rapport scène/salle, rapport à soi, rapport à une idée, à une image, rapports multiples et multilatéraux, rapports au vide, rapports à la vérité… Comment mettre en jeu des rapports, c ’est-à-dire ce qu’il y a entre, et qui ne se voit pas. Chercher le théâtre dans cet écart du rapport, dans ce jeu.

Plus spécifiquement, les spectacles que nous écrivons cherchent toujours à mettre les individus, les groupes, l’assemblée de la représentation théâtrale (acteurs + spectateurs) en rapport avec un autre terme, absent, hors-champ, qui ne tient pas sur le plateau du théâtre, qui ne peut y être que par l’intermédiaire de la parole ou de représentations. C’est l’intuition que pour mettre en jeu, aujourd’hui, la complexité des rapports dans leurs portées existentielle comme politique, il faut interroger notre relation au hors-champ, celui qui est trop grand ou trop complexe pour être saisi.

Avec notre puzzle théâtral, acteurs et spectateurs font l’expérience commune et radicale d’être en relation avec les pièces qui manquent. C’est tout autant une expérience de jeu que de vertige. Il s’agit autant de l’intime, que de l’expérience sociale que convoque toute représentation théâtrale (répartition des rôles, circulation d’énoncés, jeux d’accords, règles du jeu, convention de jeux…). Il est d’ailleurs souvent question au cours des soirées, de notre relation à ces pièces absentes, de ce qu’elles contiennent ou disent. Certaines pièces sont racontées, d’autres évoquées, d’autres tues. Certaines manquent aux spectateurs, mais parfois ce sont les acteurs qui en éprouvent le plus le manque. Le groupe d’actrices et d’acteurs, constitué au départ pour la création de perdu connaissance, poursuit son chemin de groupe, se renforce, se connait de plus en plus. Pour Les Pièces manquantes, nous avons tenu à mettre ce groupe en rapport avec une altérité concrète. Cette altérité, c ’est un autre groupe, aussi homogène en âge, mais d’une autre génération. Un groupe d’individus qui ont en commun l’adolescence. Des adolescents, donc, et un autre langage que celui des acteurs : la musique.

Toutes les fictions du puzzle mettent en jeu, en question, la mise en regard de deux générations. Sensiblement, les corps de ces deux générations sont en présence. Ils se regardent, se nomment, se commentent, se cherchent, se fuient, s’identifient. Les adultes parlent, les adolescents économisent leurs paroles et font groupe par la musique. Lors du premier puzzle à L’Atelier du plateau, la rencontre a été forte. Lors des prochains rendez-vous, les conditions de présence de jeunes gens au sein de la représentation pourront être repensées. Mais cette présence est une des données nécessaires au puzzle.

Renseignements & Distribution

Durée : non communiquée
Public : non communiqué

Mise en scène : Adrien Béal
Collaboration, production : Fanny Descazeaux
Avec Pierre Devérines, Boutaïna El Fekkak, Adèle Jayle, Julie Lesgages, Étienne Parc, Cyril Texier et une fanfare amateure composée d’adolescents
Direction musicale : François Merville
Scénographie : Anouk Dell’ Aiera
Costumes : Benjamin Moreau
Lumières : Jean-Gabriel Valot
Régie générale : Martin Massier

Où voir le spectacle ?

Spectacle créé le 15 janvier à L’Atelier du Plateau (Paris)

– Du 15 au 19 janvier : L’Atelier du Plateau – Paris

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Crédits photographiques : Matthieu Edet