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Arts de la Rue et pathologies

Arts de la Rue et pathologies
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Le festival d’Avignon s’est achevé il y a une quinzaine de jours et voici que s’annonce – demain – celui d’Aurillac, consacré aux arts de la rue. Ces événements estivaux ne sont pas sans poser des soucis de santé pour les artistes qui se produisent dans la rue. C’est pourquoi nous publions à nouveau la chronique préventive de Violette Bruyneel, docteur en sciences du mouvement humain et kinésithérapeute pour les artistes.

Jouer dans la rue…

Nous voilà en pleine effervescence au festival d’Avignon, rencontre quasiment incontournable des artistes de tout horizon. Pour les compagnies, un des enjeux majeurs est d’arriver à attirer des spectateurs, c’est pourquoi le grand bal du tractage commence dès les premiers jours. L’objectif étant de se démarquer, certaines compagnies produisent des extraits de spectacle dans la rue, d’autres promènent des panneaux ou des objets décorés avec originalité, certains chantent, d’autres dansent… Ces représentations diverses font vivre la ville au rythme des spectacles pendant un mois. Mais, pour les artistes, ce festival est particulièrement contraignant par la densité du travail à fournir et par les conditions climatiques et environnementales particulières, qui sont à l’origine de stress, fatigue et pathologies.

Les effets du climat

En fonction du climat, le corps s’adapte plus ou moins facilement et dépense plus ou moins d’énergie pour maintenir la température corporelle aux alentours de 37°. Ainsi, lorsque l’air est sous 25°, l’artiste dépense de l’énergie pour se réchauffer. Les risques du froid sont les blessures musculaires, l’asthme et la diminution de la performance. L’été, les artistes sont plus souvent confrontés à un climat chaud. Or, lors des spectacles de rue, le seul fait de bouger entraine une augmentation physiologique de la chaleur des muscles et du corps. Ce surplus de chaleur est régulé par la transpiration et la respiration, mais, lorsque l’air est humide, ces mécanismes sont moins efficaces. Les risques liés à la chaleur sont la déshydratation, le coup de chaleur (maux de tête, vomissements, fièvre) et la diminution de la performance par fatigue générale.

L’activité physique sous un climat chaud induit 1l à 1,5l de perte d’eau/heure repartis en 90% de sueur, 8% de perte hydrique lors de l’expiration et 2% de perte rénale. La déshydratation correspond à une diminution excessive de l’eau dans le corps et elle a un effet direct sur les capacités de performance et de récupération. Différents symptômes sont alors visibles tels que la diminution de force musculaire, des réflexes et de la lucidité, l’augmentation de la fréquence cardiaque et de la température corporelle, les maux de tête, la fatigue et les crampes. Ces modifications sont particulièrement favorables à l’apparition de pathologies traumatiques et générales.

Le choix du lieu et ses conséquences

La particularité des spectacles de rue est également liée au choix du lieu comportant des contraintes inhabituelles pour les artistes. En effet, les mouvements vous devoir être réalisés sur des sols selon les cas rugueux, lisses, inclinés, comprenant des marches, des trous, des obstacles, … De ce fait, les stratégies d’équilibre et d’organisation du mouvement ne sont plus optimales par rapport au lieu habituel de répétition. Cette situation augmente nettement le risque d’accidents générant des blessures au niveau des muscles, des tendons et des ligaments.

Prévention

Même si le spectacle de rue comprend des contraintes inéluctables, certaines actions préventives peuvent limiter les effets du climat et de l’environnement. Tout d’abord, la chaleur et le froid peuvent être en partie régulés par les costumes choisis. Lors de période de froid, il faut être plus attentif à l’échauffement corporel qui devra durer suffisamment longtemps pour permettre au corps de se préparer à l’effort. Lorsque le festival a lieu dans une période de chaleur, la prévention consiste avant tout à lutter contre la déshydratation. Pour cela, il est nécessaire de privilégier un apport efficace et régulier en eau, ce qui doit devenir un automatisme pour les artistes en été. L’autre aspect très important concerne le lieu. S’il est assez évident qu’en cas de fortes chaleurs tout le monde cherche l’ombre, il est moins évident que les artistes soient attentifs au type de sol et aux obstacles présents. Le lieu doit être choisi puis aménagé pour limiter les risques. D’autres part, il faut porter une attention à toutes les activités annexes qui peuvent générer fatigue, chaleur et difficulté de récupération telles que le tractage, les déplacements, … La prévention est donc simple mais nécessite une certaine planification et organisation pour se protéger en respectant les phases de récupération.

Violette BRUYNEEL

Les informations et conseils proposés s’inscrivent dans une logique de prévention. Ils ne peuvent en aucun cas se substituer à la consultation d’un médecin ou d’un professionnel de santé pour l’établissement d’un diagnostic précis et la prescription d’un traitement adapté.

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