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Catherine Salviat met en scène “L’Analphabète” d’Agota Kristof

Catherine Salviat met en scène “L’Analphabète” d’Agota Kristof
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Catherine Salviat, sociétaire honoraire de la Comédie-Française, met en scène L’Analphabète d’Agota Kristof, un récit autobiographique qui dit que l’écriture peut sauver, que la lecture peut consoler.

 

Dossier de presse

RÉSUMÉ

Unique récit autobiographique écrit par l’auteur du Grand Cahier, ce texte haletant, fulgurant et drôle, parle de son enfance, de sa découverte de la lecture, de son entrée dans l’écriture, mais aussi de l’exil et de l’abandon de la langue maternelle pour ce qu’elle nommera la langue de l’ennemi.

NOTE D’INTENTION

Ce texte, je l’ai rencontré lorsque le metteur en scène Nabil El Azan me l’a confié, il y a quelques années, et c’est aussi pour lui rendre hommage, alors qu’il nous a quittés l’année dernière, que j’ai choisi de le partager encore.

Il ne s’agit pas de rejouer ce très beau spectacle qui a eu sa vie propre, mais de continuer à faire entendre un récit extraordinaire au fil duquel Agota Kristof, en racontant cette irrésistible poussée vers l’écriture, revient à ses années d’enfance, à sa découverte de la lecture et à cet exil politique qui l’a privée des siens, de son pays natal et peu à peu de sa langue maternelle, faisant d’elle, qui était pourtant déjà poète en Hongrie, en Suisse, une analphabète.

Viennent alors ces années laborieuses de conquête de ce qu’elle qualifiera de langue ennemie et qui deviendra sa langue d’écriture. Viennent ces années de solitude, d’exil, de malaise identitaire, thèmes qui traverseront toute son œuvre. Les indésirables, étrangers au pays ou pas, y auront toujours une place belle, alors que le monde n’aura cessé de les brutaliser.

L’écriture d’Agota Kristof est simple, les phrases sont courtes, brillantes, comme si elle devait toujours juguler l’émotion, trop forte, et éviter l’épanchement. Pourtant le rire est bien là, la douleur et la cruauté aussi. Et le paradis perdu. Et le cauchemar du déracinement.

Ce récit dit encore que l’écriture peut sauver, que la lecture peut consoler.

Choisir de porter cette œuvre à la scène, c’est croire aussi que le théâtre (pour lequel Agota Kristof aimait tant écrire), en rassemblant autour d’elle une communauté de spectateurs, lui offrira une merveilleuse chambre d’écoute.

Catherine Salviat

EXTRAIT

« Je lis. C’est comme une maladie. Je lis tout ce qui me tombe sous la main, sous les yeux : journaux, livres d’école, affiches, bouts de papier trouvés dans la rue, recettes de cuisine, livres d’enfant. Tout ce qui est imprimé. J’ai quatre ans. La guerre vient de commencer. Nous habitons à cette époque un petit village qui n’a pas de gare, ni l’électricité, ni l’eau courante, ni le téléphone. Mon père est le seul instituteur du village. Il enseigne à tous les degrés, du premier au sixième. Dans la même salle. L’école n’est séparée de notre maison que par la cour de récréation, et ses fenêtres donnent sur le jardin potager de ma mère. Quand je grimpe à la dernière fenêtre de la grande salle, je vois toute la classe, avec mon père devant, debout, écrivant au tableau noir. La salle de mon père sent la craie, l’encre, le papier, le calme, le silence, la neige, même en été. La grande cuisine de ma mère sent la bête tuée, la viande bouillie, le lait, la confiture, le pain, le linge mouillé, le pipi du bébé, l’agitation, le bruit, la chaleur de l’été, même en hiver. »

RENSEIGNEMENTS & DISTRIBUTION

Durée : non renseignée
Public : non renseigné

Texte : Agota Kristof
Mise en scène : Catherine Salviat
Scénographie et lumières : François Cabanat

TOURNÉE

– À partir du 25 novembre 2019 : Artistic Théâtre

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