Stephen Follows continue de nous éclairer grâce à ses statistiques sur l’industrie cinématographique. La question qu’il se posait récemment était la suivante : durant le processus de production d’un film, combien de personnes travaillent sur le plateau de tournage, et combien travaillent uniquement en phase de post-production ? Question éloquente s’il en est, ne serait-ce que pour évaluer l’importance du digital sur les productions contemporaines.

Fin février sur son blog, Stephen Follows dévoilait donc une nouvelle étude qui, sans doute, intéressera les professionnels de l’audiovisuel. En croisant deux bases de données audiovisuelles – l’intégralité des films tournés au Royaume-Uni entre 2008 et 2014, ainsi que la liste annuelle des 100 films les plus rentables aux États-Unis, de 1994 à 2015 -, il a pu déterminer les pourcentages correspondant à cette distribution des métiers techniques de la production.

Voici les 5 chiffres clés que nous avons extraits, pour vous, de son étude :

1) En moyenne, sur l’ensemble des films américains étudiés, 48 % des équipes de tournage interviennent sur le plateau.

2) Les équipes qui interviennent en post-production deviennent plus nombreuses que les équipes de plateau sur les films dont les budgets dépassent les 100 millions de dollars.

3) Actuellement, la taille des équipes de plateau et celle des équipes de post-production sont similaires. Graduellement, ces dernières deviennent de plus en plus importantes. Notons néanmoins une légère rehausse de la proportion des équipes de tournage à Hollywood, entre 2014 et 2015.

4) Proportionnellement, le Royaume-Uni favorise davantage les équipes de post-production que les États-Unis. Le Royaume-Uni propose certains crédits d’impôts favorisant les projets dont les effets spéciaux sont réalisés au Royaume-Uni ; de manière anecdotique, les films de la saga Harry Potter sont réputés avoir eu un effet d’incubateur pour de nombreuses sociétés de post-production.

5) Sur les films de genre romantique et les films criminels (données US), les équipes de plateau sont dominantes à proportion de 3 pour 1. Sur les films de genre science-fiction et fantasy, la proportion est équivalente.

Si la majorité de ces statistiques peut confirmer l’idée qu’on se fait du cinéma d’aujourd’hui, à savoir que de plus en plus de films sont dépendants de leurs effets spéciaux et de leur travail de post-production), il est intéressant de voir que ce phénomène n’est pas aussi généralisé qu’on pourrait l’imaginer, ni aussi absolu. Même si ce portrait est parfois véridique en ce qui concerne les plus gros blockbusters, on est encore loin d’arriver à des tournages exclusivement sur fond vert, avec une armada de monteurs et d’éditeurs retouchant l’image un million de fois avant d’arriver sur nos écrans de cinéma.

Maël LUCAS