Entre sculpture et chorégraphie, Chloé Moglia pousse à l’extrême l’art de la suspension dans des spectacles qui se jouent des lois de l’apesanteur. L’Oiseau-Lignes est un spectacle à la croisée des arts sur le monde de l’air, du vide et des songes.

Dossier de presse

Poème graphique et sonore à quatre mains, dans un environnement musical joué en live par Marielle Chatain, L’Oiseau-Lignes compose et recompose une grammaire poétique. Il fait bouger les lignes et nous suggère de douter de ces évidentes oppositions entre le lourd et le léger, la surface et le trait, le haut et le bas.

Note d’intention

Lignes de suspension
Elle(s) relie(ent) terre et ciel en traversant le plateau. C’est une ligne accidentée qui présente des brisures, des failles dans la continuité. Cela offre des vides, des espaces où les appuis se sont dérobés. On ne « saisit » plus.

Lignes graphiques
Noir sur fond blanc ou blanc sur fond noir. L’oiseau, apparu dans Rhizikon, soudain resurgit. Un oiseau de lignes, qui n’est qu’un vide avec quelques traits. Oiseau Ligne, un presque rien qui s’efface. Il laisse entendre presque l’oiseau lyre, l’oiseau qui finit par chanter le son des moteurs de la déforestation.

Lignes mélodiques, musicales
Des lignes de chant qui s’élèvent depuis des lignes de paroles, restées, elles plus près du sol. La collaboration avec Marielle Chatain, entamée à l’occasion de La Spire, se poursuit. Nous travaillerons comme deux entités en correspondance. Marielle Chatain ne fera pas la musique du spectacle de Chloé Moglia, sauf si cette dernière fait en parallèle le spectacle de la musique de la première. Une autre façon de l’exprimer : L’une pratique le son comme l’autre pratique la suspension. Nous aurons en commun d’être également présentes.

Des croisements
Il y a des lignes, obsession tenace qui perdure. En filigrane, l’anthropologue Tim Ingold qui entraîne nos esprits à savoir opérer des reconfigurations de sens et des sens (Une brève histoire des lignes – Ed Zones Sensibles). Il a un principe Oiseau, quelque chose de l’envol, de l’élévation, qui jouxte un endroit lié à l’enfance, à une forme de légèreté. En face, présente : la pesanteur qui relie au sol. J’entends la voix de Jankélévich parler de « celui qui fait l’ange, qui n’est qu’un charlatan, et qui retombe pesamment au sol. » La verticalité de l’envol croise l’axe avant-arrière de la durée. Ainsi lignes, oiseaux, enfance, temps, lourd/léger, parole/chant, présence/absence constituent les éléments du tissage à l’œuvre.

Un poème graphique et sonore
Une légèreté qui évoque le poème c’est pour moi une légèreté qui n’évacue pas le poids. Cela va avec une manière d’aborder ces éléments de manière intuitive, sensible, sensitive, par des jeux de sens, langue des oiseaux, mouvement, analogies et allégories. Comme un enfant qui dessine et qui découvre au fur et à mesure ce qui, par sa main, se déroule sous ses yeux. « Dessiner serait suivre une ligne qui est partie en promenade » (P. Klee). Se promener, cheminer dans sa ligne de vie serait probablement dessiner la promenade de la ligne qui nous échappe.

Chloé Moglia

Renseignements & Distribution

Durée : 1h
Public : non renseigné

Direction artistique : Chloé Moglia
Avec Carla Pallone et Chloé Moglia
Création sonore : Marielle Chatain
Musique (tournée) : Carla Pallone
Création lumière : Coralie Pacreau
Régie son : Valérie Bajcsa
Conception et construction de la ligne : Éric Noël et Silvain Ohl
Costumes : Clémentine Monsaingeon
Direction technique : Hervé Chantepie

Où voir le spectacle ?

Spectacle créé le 7 novembre 2019 au Quartz, scène nationale de Brest

– Du 10 au 18 janvier 2020Théâtre de Vidy-Lausanne
– 21 janvier 2020 : théâtre de Cornouaille à Quimper
– 24 janvier 2020 : scènes du Golfe à Vannes
– 28 et 29 janvier 2020 : le Grand R à La Roche-sur-Yon
– 31 janvier 2020 : Carré Colonnes à Saint-Médard-en-Jalles
– 4 et 5 février 2020 : Bonlieu à Annecy
– 12 et 13 mars 2020 : Le Phénix à Valenciennes

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Crédit photographiques : Vinvella Lecocq et Nans Kong Win Chang