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Fabrice Dugied, le « curieux insatiable » de la danse contemporaine, est mort (1963-2016)

Fabrice Dugied, le « curieux insatiable » de la danse contemporaine, est mort (1963-2016)
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Profession Spectacle rencontrait Fabrice Dugied au début du mois de novembre dernier. Lui qui se définissait comme « un curieux insatiable », il avait rejoint le studio Le Regard du Cygne au lendemain de sa fondation, en 1985, par Amy Swanson, et en assurait jusqu’à présent sa programmation. Fils de Jacques Dugied, décorateur de cinéma, et de la critique de danse Lise Brunel, il est décédé le 4 avril dernier, à la suite d’un infarctus.

Laissons-lui encore la parole :  La curiosité est mon principal moteur. Je suis un curieux insatiable : curieux de nouvelles formes, curieux de spectacles que je ne comprends pas toujours, curieux jusqu’à apprécier d’être déplacé. Dès lors qu’il y a une prise de position, de risque, voire une fragilité, je suis intéressé, quel que soit le type de danse, qui que soit le danseur. »

Relire : notre rencontre avec cet artiste majeur de la danse contemporaine, au studio Le Regard du Cygne.

Hommage de Marie-Christine Verney sur delibere.fr.

Biographie de Fabrice Dugied (30 septembre 1963 – 4 avril 2016)

Le chorégraphe et danseur Fabrice Dugied, fils de Jacques Dugied et Lise Brunel, est né en 1963 à Neuilly-sur-Seine.

Sa formation prend corps à partir de 1975 avec Suzon Holzer, et se pioursuit avec les différentes techniques de la danse contemporaine : Nikolais (Carolyn Carlson, Dominique Petit, Quentin Rouillier…), Limon (Peter Goss, Jennifer Muller, Sara Sugihara), Cunningham (Merce Cunningham Studio NYC, Robert Kovich, Karole Armitage), Post-modern-dance et Release technics (Trisha Brown et ses danseurs, Dana Reitz, Sara Rudner, Mérédith Monk…), ainsi que des stages avec Kazuo Ohno et Anna Halprin.

Il étudie aussi le Tai Chi, la technique Alexander, et la danse d’expression africaine avec Elsa Wolliaston.

Il chorégraphie, danse et enseigne depuis 1984 en France, en Europe et aux Etats-Unis et a collaboré avec des artistes comme Amy Swanson, Elsa Wolliaston, Jean-Claude Penchenat, Anne Theron, Redjep Mitrovitsa, Laura Sheelen, Claude Barthelemy, John Scott, Meredith Monk……

Parmi ses spectacles :  Les zonards célestes  (1986),  Le retour de tintin  (1987), L’’élégance des poissons(1987), Le ciel de mousson (1989), Conversation imaginaire (1991), Paris-Pérec (1993), Ici, ils ont dansé  (1994), La danse de l’outrage (1996), l’’être de zombie city (1997),  à incandescence  (1998),  La danse des mots  (2001).

Artiste associé depuis la fondation du studio Le Regard du Cygne, il est en charge de la programmation danse depuis 2001.

De 2001 à 2004, il y mène le projet Mémoire vive autour de 3 chorégraphes disparus : Jerome Andrews, Jacqueline Robinson et Karin Waehner (2002 à 2004). En 2006 il créé La Déconstruction du lego™, dans le cadre du festival Faits d’hiver – danses d’auteurs. De 2008 à 2010, il crée les Cabarets des signes. En 2012, il y initie la reprise de la Planetery dance de Anna Halprin qu’il organise ensuite dans toute la France. En 2015 il crée « La collection Lise B », une installation performative des archives de la journaliste de danse Lise Brunel, une exposition et un spectacle (La Briqueterie – CDC du Val-de-Marne, Théâtre Paul Eluard / Bezons, Les Quinconces – L’espal / Le Mans.

Hommage de Jean-Christophe Bleton

Nous avons perdu un ami, un chorégraphe, une mémoire pour la danse…

Fabrice nous a quitté, si tôt, si discrètement, que cela nous laisse, démunis, presque sans voix !

Il était un passionné de danse depuis sa plus tendre enfance, inventant des chorégraphies au milieu des dispositifs lumineux, créés pour lui, à la maison, par son grand frère Frédéric, devenu ensuite éclairagiste.

Il était aussi très attentionné aux autres, au travail chorégraphique de chacun, y compris des plus modestes. Il a favorisé, avec Le Regard du Cygne, la découverte, l’accompagnement de talents avec son écoute et son regard si fin, si compétent, si généreux. C’est aussi une mémoire de la danse incroyable, héritée de Lise Brunel, sa mère, qui s’en va…

Fabrice avait une culture encyclopédique de la danse des 40 dernières années, une mémoire détaillée et vivante de cette famille immense de la danse et des chorégraphes. Qui pourra raconter avec humour et délicatesse ces petits riens ou ces instants mémorables qu’il captait et gardait présents au fil du temps ?

Chorégraphes Associés tient à rendre un hommage sincère et ému à l’homme qui a vibré toute sa vie pour la danse, œuvré pour celle des autres et fait le lien entre les anciennes et les nouvelles générations d’auteurs.
Nous avons une pensée intense et amicale pour son compagnon, ses frères, sa famille…
Fabrice, tu es maintenant une pensée, une étoile, un cygne dans le firmament de la danse… Tu nous manqueras…

Jean-Christophe Bleton,
Pour Chorégraphes Associés

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