On a l’habitude de partager schématiquement la carrière de  en deux parties : la première formée par le diptyque de Salomé et Elektra, incarnant jusqu’en 1908 la modernité, et la période inaugurée par le Chevalier à la rose en 1911, symbolisant un retour au XVIIIe siècle et aux opéras de caractères de Mozart.

[Écho de la presse]

Clairement identifié comme un opéra de la deuxième période, Ariane à Naxos, dont nous fêtons cette année les 100 ans, est pourtant une œuvre inclassable car multiple et paradoxale ; une œuvre unique dans le répertoire lyrique.

Aller de l’avant par un bond en arrière

L’esthétique musicale au tournant du XIXe et du XXe siècle est celle d’un romantisme agonisant au caractère nostalgique démesuré, porté par des orchestres aux effectifs souvent pléthoriques. Comme pour beaucoup de jeunes compositeurs, trouver sa singularité et s’affranchir de la double figure tutélaire de Wagner et de Brahms était le principal objectif poursuivi par Richard Strauss. Après les scandales que furent Salomé et Elektra, il trouva la solution la plus inattendue qui soit en effectuant avec Le Chevalier à la rose (1911) la plus extraordinaire volte-face de l’histoire de la musique en reprenant la tradition viennoise de l’opéra de caractère que Mozart avait porté à un degré de perfection inégalé avec Les noces de Figaro.

Lire l’article complet de Steeve Boscardin consacré à cet opéra : site de Res Musica.