Intermittence : l’Unédic révèle un surcoût d’un milliard d’euros en deux ans

Intermittence : l’Unédic révèle un surcoût d’un milliard d’euros en deux ans
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Ce surcoût est lié, selon une étude récente, à l’année blanche et aux baisses d’activité en raison de la pandémie et des restrictions politiques décidées par le gouvernement.

L’Unédic vient de publier un rapport sur l’impact de la crise sanitaire sur l’indemnisation par l’assurance chômage des intermittents du spectacle.

Il nous permet de mesurer l’impact sur les comptes de l’Unédic de la pandémie et des mesures de soutien aux intermittents, mais il met également en avant le rôle essentiel « d’amortisseur social » qu’a joué notre régime, unique au monde, d’indemnisation des intermittents du spectacle.

Une baisse drastique d’activité

Considéré comme non « essentiel », le spectacle vivant a été l’une des principales victimes des décisions prises par le pouvoir politique pour faire face à la COVID-19. « De mars 2020 à juillet 2021, l’activité dans le secteur du spectacle baisse de 27 % par rapport à 2019, explique le rapport. Le spectacle vivant a été plus fortement impacté : sur cette même période on observe une baisse de 44 % de l’activité tandis que l’activité du spectacle enregistré baisse quant à elle de 7 %. »

La conséquence immédiate est que cette baisse d’activités a entraîné une augmentation de l’indemnisation mensuelle : elle est passée à 1 330 € et 1 380 € respectivement pour les annexes 8 et 10. « La part du nombre de jours indemnisés dans le droit augmente également à 67 % et 82 % en 2020 respectivement pour les annexes 8 et 10, contre 53 % et 71 % en 2019, poursuit le rapport. De même, la part que prend l’indemnisation entre les salaires perçus et l’indemnisation augmente : l’indemnisation représente en 2020 respectivement 49 % et 69 % des revenus des annexes 8 et 10 contre 34 % et 53 % en 2019. »

Bilan du « Plan pour la culture »

Durant la crise sanitaire, le gouvernement a choisi tantôt de fermer les salles, tantôt de privilégier des jauges et autres mesures restrictives, autant de mesures qui ont eu un impact social, économique et financier très fort. C’est pourquoi il a mis en place un « Plan pour la culture », qui comprend notamment l’année blanche et des règles de réadmissions aménagées : allocations jeune intermittents, allongement de l’affiliation, date anniversaire, heures d’enseignement, aménagements de la clause de rattrapage ou encore de l’allocation de professionnalisation et de solidarité (APS)…

« Parmi les bénéficiaires de l’année blanche à fin octobre 2021, 60 000 d’entre eux (73 %) ont déjà réuni les 507 heures […], 7 000 d’entre eux (8 %) ont réuni les 338 heures leur permettant de bénéficier de la clause de rattrapage, 16 000 allocataires (19 %) qui n’ont pas suffisamment d’heures bénéficieraient alors de l’APS, détaille le rapport de l’Unédic. Du fait de l’année blanche et de l’aménagement des règles de la réadmission, à fin octobre 2021, 37 000 allocataires ont été réadmis avant la fin de l’année blanche dont ils bénéficiaient, 18 000 au titre de l’annexe 8 et 19 000 au titre de l’annexe 10. » Ils ont ainsi été réadmis avec davantage d’heures travaillées que lors de leur précédent droit et ont touché, pour une grande partie d’entre eux, une allocation journalière supérieure.

Ainsi, « en 2019, 280 000 salariés travaillent dans l’emploi intermittent du spectacle, dont 100 000 environ sont indemnisés par l’Assurance chômage au cours de l’année, résume le rapport de l’Unédic. En 2020, en raison de la baisse d’activité due à la crise COVID, le nombre de salariés intermittents a diminué à 240 000. La mesure de prolongation des droits des intermittents […] a conduit le nombre d’allocataires indemnisés à 120 000 à fin décembre 2020. »

520 millions d’euros de surcoût en 2021

Toutes ces mesures, aides et palliatifs mis en place durant la crise sanitaire ne sont pas sans effet : l’Unédic constate un surcoût de 490 millions d’euros en 2020 (390 millions de dépenses et une perte de 100 millions des contributions) et de 520 millions en 2021, soit 450 millions de dépenses et une baisse de 70 millions des contributions. Au total, le surcoût représente plus d’un milliard d’euros sur deux ans.

Élodie NORTO

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Lire le rapport complet de l’Unédic :
L’indemnisation des intermittents du spectacle par l’assurance chômage

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