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Interview. Dany Boon : « La vraie richesse, c’est de garder le souci de l’autre »

Interview. Dany Boon : « La vraie richesse, c’est de garder le souci de l’autre »
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« Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient, surtout quand on a réussi. » Telle est la morale que Dany Boon a voulu pour son nouveau film, La Ch’tite famille, son sixième long-métrage, en forme d’hommage aux identités régionales.

Entretien.

[AFP]

Comment le scénario de La Ch’tite famille est-il né ?

J’ai toujours été étonné par le contraste incroyable entre mon enfance et le monde parisien. Je n’ai jamais eu honte de mes origines prolétaires, mais j’ai eu honte de mon accent à l’école et je l’avais encore en arrivant à Paris pour mon premier spectacle. Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient, surtout quand on a réussi. C’est ce que j’ai voulu dire dans ce film. Lors de mon premier Olympia, j’ai présenté ma mère à Jean-Michel Boris qui était alors le directeur de la salle. Ma mère m’a pris à part pour me reprocher de tutoyer mon directeur… Quand je suis en tournée dans le Nord, je dors toujours chez elle. Ma mère ne chauffe pas sa maison. En hiver, il fait 14 degrés dans ma chambre, 11 degrés dans le couloir et la salle de bains. Le chauffage n’est allumé que si on en a vraiment besoin, question de principe.

Que vous inspire le snobisme des milieux artistiques ?

Il y a un milieu parisien artistique et culturel que j’apprécie. La frontière se situe entre le fait de partager son savoir et d’étaler sa science. Si on étale ses connaissances, c’est foutu ! On écrase l’autre, en le rendant minable. C’est détestable… Chez certains bobos intellos, le snobisme réside aussi dans l’idée qu’on a l’air toujours plus intelligent en disant du mal que du bien. C’est dommage. Le film nous rappelle aussi qu’au-delà la notoriété et la réussite, la vraie richesse c’est de garder le souci de l’autre.

Dix ans après Bienvenue chez les Ch’tis, que retenez-vous de son phénoménal succès ?

Cela a été un cadeau magnifique, un cadeau du ciel, totalement inattendu. Au-delà des chiffres, je suis toujours ému par les témoignages des spectateurs en France et à l’étranger. L’émotion et le rire sont les mêmes. Les premières projections de La Ch’tite famille provoquent des réactions identiques, parfois très intimes. Comme dans le film, un spectateur m’a dit que son père pensait qu’il avait honte de lui car son fils avait perdu son accent.

Propos recueillis par Jean-François GUYOT

 



 

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