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Interview. Lilimarche : « La narration est vraiment très importante pour moi »

Interview. Lilimarche : « La narration est vraiment très importante pour moi »
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Auteure, compositrice et interprète, accompagnatrice de Grand Corps Malade, Cocoon, Baxter Dury ou encore Charles Aznavour, Lilimarche – Leslie Bourdin de son vrai nom – est une jeune artiste multi-instrumentiste au répertoire très personnel. Ses « Chansons Polaroids » sont pensées comme des instantanés mêlant poésie, frénésie et féminité. Rencontre avec une jeune artiste qui aime la langue française.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Leslie. Je suis auteur compositeur et interprète. Mon nom de scène est Lilimarche. Ce surnom vient d’un bouquin que j’aimais lire enfant. J’ai étudié le piano, l’écriture et le chant au conservatoire. Puis j’ai commencé à partir en tournée sur les routes quand j’avais 18 ans et à accompagner des chanteurs. Vers 25 ans, je me suis mise à écrire mes propres chansons et à raconter mes propres histoires. Il y a 5 ans, j’ai fait un premier album quatre titres (EP). J’ai très rapidement fait la première partie de Jean-Louis Murat. Cela m’a permis de tester mes chansons devant un public qui n’était pas venu pour moi. C’est à ce moment précis que je me suis rendu compte que j’avais envie de faire ce métier, d’écrire des chansons et pas seulement d’accompagner des chanteurs sur scène.

Vous avez accompagné différents chanteurs comme Vincent Malone (Le Roi des papas) ou Grand Corps Malade, réalisé deux EP 4 titres, quelles sont vos influences et vos sources d’inspiration ?

Je n’ai pas fait qu’accompagner ces grands artistes. J’ai aussi fait des « live » pour des compagnies de cirque, joué une nourrice japonaise dans une pièce du Théâtre à Cru qui s’appelle J’avance et J’efface. En fait, j’essaye de mélanger les styles, les textes et les influences. Je pars très souvent du texte parce que la narration est vraiment très importante pour moi, aussi bien dans la forme, le vocabulaire que dans la syntaxe. Je fais souvent des textes assez fournis et me réfère à tous les grands auteurs de la chanson française que j’admire comme Barbara, Serge Reggiani, Jacques Higelin, Alain Bashung. Je suis assez sensible à la pop-music des années 80 comme celle d’Elie et Jacno ou de Niagara avec des mélodies très édulcorées et un petit côté simpliste dans les arrangements.

À une époque où de nombreux groupes français chantent en anglais, vous semblez être attachée à l’expression française. Pour quelle raison ?   

C’est vrai que je tiens à utiliser la langue française tout en essayant de ne pas tomber dans les refrains trop simplistes. J’essaye en fait de remplir un peu le contenu et le sens de mes chansons. C’est pour cela que je ne fais pas pour l’instant de titres avec une phrase en boucle qui revient comme un gimmick.

En 2017, que faut-il faire pour être chanteuse professionnelle ? Signer « Ta batterie » qui est sur le dernier album de Renaud ? 

Le fait d’avoir composé un titre pour Renaud n’a paradoxalement pas été pour l’instant un tremplin pour le développement de ma propre carrière. Dans ce métier, il faut du temps, de la patience et beaucoup de détermination. Entre le moment où l’on décide de faire ses propres chansons et le moment où il se passe vraiment quelque chose, cela peut prendre plusieurs années. Quand on choisit comme moi de ne pas avoir d’accélérateurs de carrière comme les télés-crochets, cela peut prendre beaucoup plus de temps. Il y a donc au départ de la passion, ensuite un petit peu de chance et puis beaucoup d’obstination et de travail. Si on ne passe pas sur les radios, il faut se produire sur scène. Les gens qui écoutent la radio préfèrent souvent reconnaître que découvrir. C’est pour cela que nous écoutons souvent les mêmes titres sur les ondes. Il faut jouer partout, tout le temps, écrire des titres, avoir du contenu, être visible. D’un autre côté, il y a aussi énormément de web-radios qui naissent et se développent. C’est une manière d’être diffusée. Il y a également le réseau des radios locales qui jouent encore le jeu de la découverte de jeunes talents. Nous avons aussi maintenant la possibilité d’être visibles sur la Toile en faisant plein de choses par soi-même, clips, captation de concerts sur les réseaux sociaux et les sites de partages. Mes EP sont par exemple disponibles sur Deezer, Spotify, I-Tunes et mes vidéos sont visibles sur You Tube.

Propos recueillis par David RAYNAL

Sur Facebook : Lilimarche



Album photos

Lilimarche (crédits : Florian Lavie Badie)



 

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