Des diurétiques dans le café : des femmes accusent un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Culture de les avoir humiliées en les poussant à uriner devant lui et en les photographiant. L’homme est poursuivi notamment pour agression sexuelle.

Libération, qui détaille vendredi, dans une longue enquête, les actes reprochés à cet ancien recruteur du ministère, affirme qu’il aurait fait plus de 200 victimes en neuf ans, au ministère de la Culture puis à la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de la région Grand Est. L’affaire avait été révélée par le Canard Enchaîné en mai dernier.

« C’est une affaire complètement folle d’un pervers » a réagi vendredi sur Europe 1 le ministre de la Culture Franck Riester. Il s’est dit « atterré » par des faits qui se sont produits avant son entrée en fonction rue de Valois, en octobre 2018.

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Selon Libération, cet ancien sous-directeur des politiques de ressources humaines versait d’abord un diurétique dans une boisson chaude, qu’il proposait à des candidates à des postes au ministère. Il isolait ensuite ses victimes pour les pousser à uriner devant lui, par exemple en leur proposant une visite du quartier, en suivant un itinéraire « permettant d’isoler ses victimes et de les éloigner des cafés ou des musées où elles pourraient trouver des toilettes« .

Le DRH tenait registre de ses actes dans un fichier informatique intitulé « Expériences », avec force détails et photographies, dans lequel il consignait minute après minute les troubles de ses victimes, selon cette enquête.

L’affaire a été révélée le 15 juin 2018 à la Drac du Grand Est, où l’homme a été pris sur le vif en train de photographier les jambes d’une sous-préfète de Moselle. Il a été suspendu en octobre, puis révoqué en janvier 2019. « J’aurais voulu qu’on m’arrête avant« , affirme l’ancien haut fonctionnaire au quotidien, reconnaissant pour sa part avoir intoxiqué « dix ou vingt » femmes.

avec AFP

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