La Minoterie à Dijon : une scène jeune public en quête de direction

La Minoterie à Dijon : une scène jeune public en quête de direction
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Depuis plusieurs mois, la Minoterie est fragilisée à la suite d’un conflit entre l’équipe administrative et Marie Levavasseur, artiste à la tête de la compagnie Tourneboulé, initialement recrutée pour prendre sa direction.

Une phase de transition décisive pour cette scène conventionnée reconnue d’intérêt national “art, enfance, jeunesse” depuis 2018 par le ministère de la Culture, qui demeure dans l’attente d’un projet pour les saisons culturelles à venir. Dans ce contexte, le nouveau président de l’association Natan Jannaud intervient pour assurer la continuité des activités de cette structure. Après l’échec d’un premier recrutement et des tensions en interne, quels sont les enjeux à venir pour la Minoterie, pôle de création jeune public et d’éducation artistique ?

« La rencontre ne s’est pas faite »

Élu par le conseil d’administration de l’association en février dernier, Natan Jannaud tient un rôle de médiateur d’une part, pour renforcer l’équipe des huit salariés de la Minoterie, et d’accompagnateur d’autre part, pour pérenniser les activités du lieu, entre résidences artistiques, soutien à la création et diffusion.

Avec Côté Cour, la Minoterie est l’une des deux scènes conventionnées jeune public en région Bourgogne-Franche-Comté. Choisie en juin 2021, à l’unanimité par un jury composé de l’ancien président de l’association, des représentants de la ville de Dijon, de la DRAC Bourgogne-Franche-Comté, de la région et de Scènes d’enfance – ASSITEJ France, Marie Levavasseur devait remplacer Christian Duchange, parti à la retraite en décembre 2021.

« La rencontre ne s’est pas faite, la confiance n’a pas pris et s’est transformée en défiance, témoigne Natan Jannaud. On sait que l’humain est au centre là-dedans. » Selon un communiqué dans lequel elle s’est expliquée, Marie Levavasseur devait prendre ses fonctions début janvier 2022 et a finalement refusé un contrat de travail non négociable qui lui laissait trop peu de marges de manœuvre pour mener à bien son projet.

Le conventionnement en question

Mauvaise gestion ou mauvaise élève de la responsabilité sociétale des organisations (RSO) ? Natan Jannaud retient de cette affaire des limites avant tout humaines. « Certaines choses nous dépassent… Au bout d’un moment, dans tout conflit, ça monte. Il y a eu des arrêts maladies en interne, mais maintenant ça reprend petit à petit. L’idée est de participer à la remise en marche de l’équipe, pour dérouler le projet de cette saison, assurer une continuité et conserver une solidarité avec les artistes, car l’engagement de la Minoterie est avant tout le soutien à la création jeune public. »

Dans cette ancienne caserne militaire de 2 000 m2, dotée d’une salle de spectacle de 200 places, l’équipe travaille en lien avec environ 70 établissements scolaires de la Côte-d’Or, les instituts médico-éducatifs (IME) et les partenaires culturels associatifs, pour faire vivre le territoire. L’absence de direction inquiète Natan Jannaud, directeur de l’association Cirquonflex, qui intervient bénévolement dans cette présidence. « La priorité sera d’accompagner le nouveau ou la nouvelle directrice dans sa prise de poste, car en l’absence de direction, la Minoterie perd son conventionnement ; il en va donc de la pérennité du lieu, des salariés et des activités pour les enfants et les artistes. »

Bis repetita

Un appel à candidature sera lancé au cours de ce mois de mars. « Il n’est pas tout à fait prêt, on le retravaille avec les partenaires publics, car même si c’est une association qui gère la Minoterie, c’est un projet qui dépend de la ville de Dijon, financeur du lieu presque à égalité avec la DRAC, détaille-t-il. On essaie de faire tout dans le bon ordre avec eux ; une fois que ce sera bien ficelé, on pourra le relancer. »

Dans ce lieu qui accueille vingt compagnies en résidence par saison, tout est à faire. « Nous sommes ouverts à tous les projets. Les candidats ne manqueront pas d’idées pour ce lieu là, sur ce territoire là et avec cette équipe-là, explique-t-il. Il faut à la fois être ambitieux dans son projet et savoir composer avec l’existant. »

Avec un budget total 800 000 euros, encore faut-il que la prochaine direction ait les coudées franches, en cohésion avec l’équipe, tout en conservant la dynamique pluridisciplinaire initiale. Le metteur en scène Christian Duchange a en effet fondé cette maison d’artistes, il y a huit ans, dans l’idée que toutes les pratiques artistiques soient représentées – danse, théâtre, cirque, musique, marionnettes et arts plastiques – même si, précise Natan Jannaud, il y avait une prévalence pour le théâtre sous sa direction.

Dans cette période de passation, exercice « toujours un peu compliqué, comme on a pu le voir au sein d’autres structures, tels L’arc au Creusot ou le CNAREP à Chalon-sur-Saône », les candidatures seront bientôt ouvertes, avec une préférence pour les artistes qui ont une expérience du spectacle jeune public, sans toutefois que le jury ne soit figé sur cette possibilité.

Morgane MACÉ

Correspondante Bourgogne-Franche-Comté

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Crédits photographiques : La Minoterie



 

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