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Art contemporain : entre oligarchie, ramollissement et optimisme béat

Art contemporain : entre oligarchie, ramollissement et optimisme béat
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La presse n’est pas tendre avec la Foire Internationale d’Art Contemporain : les uns dénoncent l’étouffement de la créativité par une oligarchie accrochée à ses privilèges, d’autres dénoncent une contraction jusqu’au ramollissement. Nous vous proposons une petite revue de presse pour se détendre, en attendant que la créativité revienne à Paris… Toute allusion grinçante serait évidemment fortuite.

Chronique : « Humeurs actuelles »


Edwin Juno-Delgado, « enseignant-chercheur, responsable de la spécialisation management des industries culturelles et créatives du Groupe ESC Dijon-Bourgogne » (il en fallait des titres, pour justifier son propos !), publie dans Le Monde une analyse sur l’univers oligarchique de l’art contemporain.

Qui n’a jamais entendu, à la sortie d’une exposition d’art contemporain, prononcés des commentaires du genre « La plupart des œuvres sont, comment dirais-je, particulières »« Quels étaient ces objets bizarres ? », ou encore « Pour aimer ces horreurs, il faut être ou bien un ignorant ou bien un érudit… et comment je ne suis ni l’un ni l’autre je n’aime pas l’art contemporain ! ».

Voilà qui exprime le ressenti sincère du public. Car, limpide de toute analyse scientifique et de toute sorte d’expertise ou de positionnement doctrinal, l’impression juste après un évènement illustre bien la valeur que chaque personne octroi à une manifestation artistique ou culturelle. Se confronter à l’art contemporain et ensuite en parler n’est pas chose facile pour le commun des mortels. Parce qu’il dérange, réveille les consciences, trouble nos structures mentales sur l’art construites autour de l’esthétique et du beau…

Lire l’article complet sur le site du Monde.


 

Frédéric Lewino choisit quant à lui l’ironie, en s’interrogeant (un peu facilement du reste) sur l’objet artistique : est-ce ce céphalopode aux couleurs improbables ou la vieille dame à la coiffure improbable qui le regarde ? L’interrogation est facile, vue, revue, entendu, rabâchée… La réponse reste inconnue.

Ils sont venus, ils sont tous là, les artistes du monde entier. La Fiac est un événement incontournable pour les plus grandes galeries de la planète. Il faut étonner, piquer la curiosité. Quitte à faire dans la douce pornographie ou dans la provocation. Mais cela ne marche pas à tous les coups. Ici, des couvertures pliées sur le sol ont l’ambition de révolutionner l’esthétisme. Ah bon ? Plus loin, un grand escogriffe bariolé des pieds à la tête de tatouages pose devant une pieuvre violette. Quelle est l’œuvre d’art ? Lui ou elle ?

Lire l’article complet sur le site du Point.


 

Oh et puis ces grincheux de Libération qui, par la voix d’Elisabeth Franck-Dumas, en rajoutent une couche : surenchère, overdose, étouffement, burn-out, saturation… Il s’en faudrait de peu pour qu’ils organisent une manifestation syndicale contre la grand-messe artistico-libérale et pour la défense des petites galeries en voie de (créative) disparition.

Des jets, des cimaises, des selfies, des curateurs, de la cohue, de l’argent, de la peinture, de la sculpture – enfin non, des «propositions»-, de l’Instagram, du Twitter, de l’optimisation fiscale, des VIP, des passes VIP, des «tu y vas ?», des «non, j’en sors», du champagne tiède, du bilan carbone négatif, enfin bref, c’est la Fiac. L’inévitable, l’omniprésente foire d’art qui, depuis une dizaine d’années, colonise le milieu, Paris-Bâle-New York-Londres, dont l’éternel retour est en train de conduire les galeristes (et les collectionneurs, les critiques, les amateurs) au bord du burn-out. Ou plutôt du fair fatigue (en français, «la lassitude des foires»), dernier chic de snobisme blasé à revendiquer en arpentant leurs allées.

Lire l’article complet sur le site de Libération (si vous avez un peu de temps devant vous).


 

Heureusement, il y a l’indéfectible optimisme de Franck Jacquet, qui défend béatement la culture, toute la culture et rien que la culture, sans distinction de race, de couleur ni de qualité, sans discernement non plus, malheureusement. Après tout, s’exclame-t-il en une formule définitive, la foire n’est-elle pas… une foire ? Nous sommes émus.

Pour terminer, revenons sur la foire en elle-même et les cris d’orfraies du moment. Le parisien critique et le français (se) déprécie, c’est connu. On entend donc ce qui est devenue une antienne. Non, il ne faut pas aller au Grand Palais ou aux Docks mais plutôt au nouveau « salon des refusés » qu’est la Slick. Non, il ne faudrait plus aller dans cette foule ridicule qui se gargarise d’un art mis en marché dès l’acte créatif même. Enfin, comme Libération s’en est fait l’écho aujourd’hui, le modèle de la foire serait terrible car il demande trop de travail, de projets (lorsque les foires s’enchaînent) pour les galeries, provoque un stress incroyable pour les travailleurs du secteur qui réalisent une part de leur chiffre d’affaires sur cette période, qui risquent gros sur quelques jours seulement. Car le public (et non les acheteurs) serait tout simplement moins aisé à capter en dehors de cette grande messe de la Fiac. Que penser de ce qui in fine, conduit à condamner l’existence même de l’événement ?

Lire l’article complet sur le site Toute la culture.


Enfin, ce bon et droit Figaro, pourtant très à côté dès lors qu’il s’agit du spectacle vivant, trouve en la personne de Sophie de Santis une personne qui a du coeur… Il a même battu à cinq reprises devant certaines oeuvres exposées ! Quand il s’agit de dégoter le nom de dix personnes qui comptent (leurs sous, sans doute un peu aussi) dans l’art contemporain, elles s’y mettent même à trois. C’est ce que cela n’a pas dû être simple…

Lire la sélection coups de coeur et découvrez les dix personnes qui comptent dans l’art contemporain sur le site du Figaro.


 


 

Toutes ces opinions, c’est un peu la foire d’empoigne. Il s’en faudrait de peu pour que la manifestation tourne au FIASCO ! Finalement, la FIAC continue sur sa lancée, les acheteurs semblent au rendez-vous et les Parisiens continuent de s’en moquer comme de leur premier gribouillis, quand ils sont au courant.

Alors, reprenons la parole incorrecte de Charlotte Montpezat, qui introduit son article très correct, entre dénonciation artistiquement correcte et appréciation artistiquement correcte : « Fiac me, I’m famous« .

Maussano CABRODOR

P.S. : Le nombre d’articles sur la FIAC étant colossal, il a fallu procéder à un choix drastique. Que les oubliés ne s’en prennent qu’à eux-mêmes, ils auraient dû écrire dans des journaux à plus gros tirage. Les feuilles de chou n’ont rien à faire avec les prestigieuses exhibitions de l’art contemporain ; c’est d’ailleurs pourquoi cet article n’aura aucune conséquence.

 

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