Le lancement cet été du festival Lollapalooza par le géant américain Live Nation n’a pas abattu ses rivaux parisiens. Mais l’événement témoigne d’une mutation dans le secteur du live en France, où de gros acteurs comme AEG, Fimalac ou Matthieu Pigasse concurrencent désormais les indépendants.

[Écho de la presse]

Finalement, l’été n’a pas été (trop) meurtrier pour les festivals de « musiques actuelles » parisiens. On se souvient que l’arrivée du festival américain Lollapalooza avait déclenché une mini-levée de boucliers chez certains professionnels et politiques. Le 22 juillet, Jack Lang sonnait le tocsin dans un communiqué en dénonçant « une invasion de multinationales américaines sur la vie musicale française ». L’ancien ministre de la culture prédisait que « la prise de pouvoir par ces groupes risquait de tuer la diversité, de mettre en péril les festivals indépendants, de favoriser une inflation destructrice des prix et d’encourager la spéculation dans l’art musical sous toutes ses formes ».

Brrr. Pour la première fois en France, le barnum de Live Nation Entertainment, le leader californien du live mondial, allait donc tailler des croupières aux trois festivals d’été parisiens : We Love Green, Solidays et Rock en Seine. Avec ses plus de 25 000 concerts annuels et son chiffre d’affaires de plus de 7 milliards d’euros, l’ogre Live Nation n’allait faire qu’une bouchée des bateleurs associatifs de Lutèce. À ce stade-là, il ne s’agissait même plus de concurrence…

La bataille estivale terminée, le bilan est beaucoup plus mitigé et on est loin de l’hécatombe annoncée. Certes, il y a eu des pertes : avec 169 000 spectateurs en trois jours, Solidays a connu une baisse de plus de 15 % de sa fréquentation. Luc Barruet, son directeur, explique ce résultat par le fait « qu’il y a trop de festivals à Paris ». Comprendre : à cause de Lollapalooza

Passablement excédé d’être présenté comme l’Attila des festivals parisiens, Angelo Gopée, le directeur général de Live Nation France rétorque que « 52 % des 110 000 spectateurs de Lollapalooza étaient des étrangers et que 60 % des spectateurs français venaient de province ». Si l’on en croit ces statistiques, le public de Lollapalooza ne se serait donc pas recruté chez les fidèles de Solidays et autres rassemblements parisiens.

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