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Le festival de Cannes, l’édition 2018 et ses (quelques) femmes

Le festival de Cannes, l’édition 2018 et ses (quelques) femmes
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Le festival de Cannes est bien souvent visé par des polémiques récurrentes sur la place qu’il accorde aux femmes. Les chiffres, pris dans leur ensemble, ne jouent pas en faveur de la manifestation cinématographique. Mais sont-ils à prendre à prendre au premier degré ? Comment discerner ?

Questionnements divers

Des chiffres à prendre avec du recul si l’on considère la très nette progression de ces dernières années : les écarts sont davantage dus à une histoire résolument passée du festival qu’à son actualisation récente. Si l’on ne peut que se réjouir de la croissante égalité entre hommes et femmes dans le cadre du festival, le danger est d’opérer des comparaisons simplistes… Les pourcentages seront toujours – en tout cas pour longtemps – favorables aux hommes, en raison de l’histoire globale. Preuve que les données sont toujours à prendre avec prudence, sous peine de commettre bien des anachronismes.

Autre problématique : faut-il rechercher à tout prix la parité ? Le festival doit-il être à la remorque des polémiques – y compris celles plus que légitimes – de son temps ? Si cela se fait au détriment de la qualité, est-il raisonnable de vouloir coûte que coûte le même nombre d’hommes et de femmes à la réalisation ? Évidemment non. Ce serait une attitude encore trop condescendante envers les femmes. Preuve que les données sont toujours à prendre avec prudence, sous peine de commettre bien des simplifications.

Le débat étant toujours d’actualité, place maintenant aux chiffres.

Palmarès

Sur les 268 cinéastes ayant vu leur film récompensé par une des plus hautes distinctions du festival (Palme d’or, Grand Prix et Prix du jury), onze étaient des femmes, soit 4 % du total.

Jane Campion est la seule femme à avoir reçu une Palme d’or, en 1993, pour La leçon de piano. L’Iranienne Samira Makhmalbaf a été récompensée deux fois du Prix du jury en 2000 (Le Tableau noir), puis en 2003 (À cinq heures de l’après-midi« ). La dernière lauréate est l’Italienne Alice Rohrwacher, Grand Prix en 2014 pour Les Merveilles.

Du côté du Prix de la mise en scène et du Prix du scénario, quatre femmes ont été récompensées sur 111 lauréats en plus de 70 ans, soit 3,5 %. Et la moitié de ces récompenses ont été remportées l’an passé ! L’Américaine Sofia Coppola a obtenu le Prix de la mise en scène pour Les Proies et la Britannique Lynne Ramsay le Prix du scénario pour A Beautiful Day.

Nominations

Si les femmes sont aussi peu représentées au palmarès, c’est déjà parce qu’elles sont peu nombreuses dans la sélection officielle. Parmi les près de 1 790 cinéastes qui ont vu leur film sélectionné depuis 1946, on retrouve 84 réalisatrices, soit 4,7 %.

Cette année trois réalisatrices ont vu leur film retenu parmi les vingt-et-un que comporte la sélection officielle, proche de la « tendance » des quatre dernières années où un film sélectionné sur huit environ était réalisé par une femme. Mais des sélections officielles relativement récentes, comme 2012 ou 2010, ne comptaient que des films réalisés par des hommes.

Pour se défendre, le festival souligne régulièrement et à juste titre que la sélection officielle ne fait que refléter la faible représentation des femmes dans le milieu de la réalisation cinématographique. En France, à titre d’exemple, environ un quart des cinéastes entre 2009 et 2014 étaient des femmes, selon le centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Le chiffre peut paraître encore faible ; la croissance est, quant à elle, réelle et rapide.

Jury

Cette année c’est l’actrice australienne Cate Blanchett qui présidera le jury, soit la 12e présidente en 71 éditions, la première depuis Jane Campion en 2014. Elle est accompagnée de quatre femmes et quatre hommes, une parité parfaite (hors président) observée depuis 2013.

Au total, les femmes ont représenté 172 membres sur les 747 qu’a connus le jury du festival, soit plus d’une personne sur cinq. Les femmes ont été absentes des débats à deux reprises, en 1947 et 1954.

Vanessa LUDIER

Sources des différentes données : site officiel du festival de Cannes et décompte de l’AFP.



 

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