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Les Carrières des Baux-de-Provence : la cathédrale de pierres et de lumières des arts vivants

Les Carrières des Baux-de-Provence : la cathédrale de pierres et de lumières des arts vivants
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On a pour habitude de faire commencer l’histoire artistique des Carrières des Baux-de-Provence au Testament d’Orphée que Jean Cocteau y tourna en 1959. Pourtant, le poète Frédéric Mistral s’imagina que le Val d’Enfer avait inspiré à Dante sa vision de l’enfer ; plus tard, Van Gogh a peint ce lieu fantasmatique et Bresson y a tourné certains passages de son film Au hasard Balthazar. Un lieu artistique sans équivalent, comme nous l’explique Augustin de Cointet de Fillain, directeur des Carrières de Lumières.  

Comment expliquez-vous que ce lieu attire autant les artistes ?

Augustin de Cointet de Fillain : C’est d’abord le côté mythique, minéral des Carrières qui explique que nous recevions de si nombreuses propositions d’artistes. Par ailleurs, le succès artistique des Carrières de Lumières attire inévitablement les artistes. Nous avons à répondre à beaucoup de sollicitations, qu’il s’agisse de théâtre ou de spectacle vivant, de danse ou de musique. Nous recevons aussi des propositions pour des prestations d’art vidéo numérique, que ce soit dans le cadre ou hors du cadre de nos spectacles. Ces propositions émanent de gens de très grande qualité, mais d’autres sont plus fantaisistes.

Comment y répondez-vous ?

La plupart des propositions qui nous sont faites sont impossibles à organiser en ce lieu pour plusieurs raisons. D’abord, nous sommes ouverts tous les jours de l’année, ce qui laisse peu de temps à d’autres spectacles, sinon en soirée. Ensuite, l’espace est dépourvu de tribunes et de gradins : il faudrait en installer pour certains spectacles, ce qui est impossible, la priorité étant donnée aux spectacles que nous proposons ; l’espace est certes vaste, mais trop restreint pour en accueillir d’autres. Je ne veux pas non plus brouiller les pistes, car nous proposons des spectacles qui sont une immersion dans l’histoire de l’art. Or, nous recevons des propositions qui vont dans tous les sens : il nous a par exemple été demandé de projeter l’euro de football dans les Carrières.

Quelles sont dès lors les activités que vous privilégiez ?

Nous organisons des soirées pour des entreprises ; cela fonctionne bien, car pour une soirée, il nous est possible de maîtriser l’organisation, ce qui ne serait pas le cas pour un spectacle. Nous aidons aussi une troupe de théâtre dont nous aimons le travail, ce qui est une sorte de mécénat masqué. Cela peut fonctionner pour des spectacles ponctuels et cadrés, le soir. Enfin, nous réfléchissons à une manière d’aider la jeune création numérique. Nous aimerions que les Carrières de Lumières deviennent une pépinière de talents. Il est d’ailleurs possible que nous fassions appel à de nouveaux créateurs pour le spectacle court de la saison prochaine, auquel nous réfléchissons.

Pouvez-vous nous parler de ces spectacles, nous expliquer comment vous les mettez en œuvre ?

En ce moment, deux spectacles sont proposés : Chagall, Songes d’une nuit d’été et Au temps d’Alice. Hommage à Lewis Carroll, le deuxième, plus court, servant d’interlude au premier. Le principe de base de ces deux spectacles est le même : les images sont mises en réseau sur des serveurs informatiques et reliées à un serveur principal qui permet de les projeter simultanément via une centaine de vidéoprojecteurs. L’espace est séparé en plusieurs écrans et c’est le serveur principal qui donne le tempo. Nous utilisons la même architecture pour les deux, avec une différence de taille néanmoins : pour Chagall, nous utilisons des peintures existantes tandis que, pour Alice, il s’agit d’une création en images de synthèse. C’est un film d’animation dans lequel le spectateur se trouve à la place d’Alice.

Quelles sont vos limites ?

Chaque spectacle est spécifiquement scénographié pour les Carrières, donc non transposable ailleurs. La technologie nous impose évidemment des limites, mais il ne faut pas oublier qu’elle est un moyen et non une fin. Tout ce matériel coûte très cher, ce qui nécessite un entretien important étant donné notre lieu très humide et poussiéreux. Nous faisons beaucoup de maintenance et avons appris à anticiper les problèmes techniques, afin que le public ne s’en aperçoive pas. Mais le plus important, c’est de le faire accéder à une vraie poésie.

Propos recueillis par Matthieu de GUILLEBON

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Photo de Une : Les Carrières de Lumières des Baux-de-Provence (© ADAGP, Paris 2016)

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