Il y a un peu plus de dix ans, les livres dématérialisés débarquaient en France. Si le marché du livre numérique est en nette progression (+9%), il reste encore loin derrière le livre imprimé qui représente 95% des ventes en volume comme en chiffre d’affaires, selon une étude GfK publiée jeudi. L’occasion de faire le point, alors que le Salon du livre ouvre ses portes ce vendredi à Paris (le 16/03).

[Écho de la presse]

Nous sommes en 2007. Amazon, le géant américain de l’e-commerce, s’apprête à lancer sa liseuse, baptisée Kindle. La promesse : obtenir n’importe quel livre en quelques minutes, à portée de clics. « Ce n’est pas un appareil, c’est un service », vantait alors Jeff Bezos, Pdg et fondateur d’Amazon. A l’instar du CD qui survit péniblement face au streaming, le livre était destiné à quitter notre bibliothèque pour devenir un fichier numérique. Pourtant, en France, seuls 20% des lecteurs de plus de 15 ans déclarent avoir déjà lu un livre numérique en 2018, contre 21% l’année dernière et 20% en 2016, selon une enquête OpinionWay*. Et ce n’est pas tout : 75% des Français n’envisagent pas d’en lire. A peine dix ans après sa création, le livre dématérialisé est-il déjà arrivé à saturation dans l’Hexagone ?

« Les lecteurs numériques représentent tout de même 10 millions en France, cela n’est pas rien ! défend Virginie Clayssen, présidente de la commission numérique du Syndicat national de l’édition (SNE). Certes, la croissance du marché n’est pas fulgurante. Ce n’est pas un tsunami. En revanche, elle reste régulière. »

Un constat partagé par Michael Dahan, président et fondateur de Bookeen. Cette startup de 25 employés a lancé sa première liseuse en 2007, avant de développer trois ans plus tard sa propre librairie en ligne, intitulée Bookeenstore. « Nos ventes de liseuses sont stables. L’année dernière, nous avons vendu entre 120.000 à 130.000 liseuses dans le monde – et la France représente 40% de notre marché », détaille Michael Dahan. Surtout, le chiffre d’affaires de sa librairie en ligne a bondi de 70% entre 2016 et 2017. L’entreprise parisienne table déjà sur une progression entre 40 à 50% pour cette année. « C’est un bon signe : les gens qui possèdent une liseuse continuent de l’utiliser et d’acheter de nouveaux livres numériques », souligne le fondateur de Bookeen.

Lire l’article complet d’Anaïs CHERIF sur le site de la Tribune.