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Marchés du livre et de la musique : le numérique est-il un danger ?

Marchés du livre et de la musique : le numérique est-il un danger ?
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Lors de la dernière décennie, la révolution numérique a continué de rebattre les cartes de la consommation culturelle. Les nouveaux codes de consommation ont-ils pour autant apporté plus de diversité dans les choix de l’amateur de livres et de musique ? À l’occasion de Livre Paris, culture.gouv republie l’entretien que lui avait accordé, le 22 octobre dernier, Olivier Donnat, chercheur au ministère de la culture.

En voici un extrait, lié à l’impact du numérique.

Dans les études sur les marchés du livre et de la musique qui viennent de paraître, vous expliquez que la notion de consommation culturelle a été profondément modifiée par l’arrivée du numérique. Dans quel contexte avez-vous été amené à réexaminer cette question ?

Au tournant des années 2000, la montée en puissance du numérique, auquel on prêtait des vertus démocratiques, est allée de pair avec celle d’une réelle variété des productions culturelles. Parce qu’il était plus facile de produire, de diffuser, il y aurait, mécaniquement, plus de diversité. En 2010, nous avons voulu vérifier cette hypothèse à travers trois études sur les marchés du livre, du cinéma et de la musique. Celles publiées aujourd’hui en sont l’actualisation pour la dernière décennie. Par ailleurs, cette  exploitation des données de marché sur la consommation culturelle était pour moi le complément indispensable aux  enquêtes que j’ai menées sur les pratiques culturelles. Ce sont les deux versants indissociables – l’un sociologique, l’autre économique – d’une même réalité. Un exemple illustre la façon dont ces deux versants sont liés. J’avais observé, en 1995, une augmentation spectaculaire des  pratiques en amateur, notamment dans les domaines de l’écrit, de la danse et des arts plastiques, qui annonçaient le développement de l’autoproduction par le numérique. Aujourd’hui, on y est.

Selon l’enquête de GfK, la révolution numérique n’a pas eu le même impact selon qu’il s’agit du livre ou de la musique enregistrée. Pourquoi ?

En effet, il s’agit de deux secteurs qui ont vécu très différemment la révolution numérique. Le secteur du livre a été faiblement ébranlé. Le livre numérique occupe aujourd’hui une part relativement marginale dans le secteur de l’édition, de l’ordre 7 à 8% de son chiffre d’affaires. Ce n’est pas du tout le cas de la musique, qui a connu deux vagues de bouleversements successives. En premier lieu, le développement de la dématérialisation et du téléchargement, qui a néanmoins sauvegardé le modèle économique lié à l’acte d’achat. En second lieu, et de façon radicale, la montée en puissance des plateformes de streaming, qui ont totalement déconnecté l’acte de consommation de l’acte d’achat. Dans ce mode de consommation, l’accès au contenu se fait, rappelons-le, soit par abonnement, soit gratuitement, s’il est financé par la publicité. Cette déconnection est un problème pour les économistes car il est très difficile d’évaluer précisément les contours de ce nouveau mode de consommation.

Lire l’entretien complet sur le site du ministère de la culture.



 

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