Le nouveau disque d’Ahmad Jamal, que le pianiste de jazz afro-américain de 86 ans a intitulé Marseille en hommage à la France et à l’Afrique, débarque aujourd’hui dans les bacs en France. « Pourquoi Marseille ? Parce que j’ai une relation spéciale avec cette ville, porte de l’Afrique », affirme l’un des derniers pianistes de jazz encore en activité à avoir connu la révolution du bebop dans les années 1950, et ses autres évolutions depuis, dont le retour à ses rythmiques africaines.

[avec AFP]

4 concerts : deux à Marseille, un à Vienne et à Paris

Ce nouveau disque, son premier depuis près de quatre ans, sera suivi de quatre concerts en France d’un pianiste qui se fait désormais très rare.

Il se produira les 12 et 13 juin à l’Opéra de Marseille, dans le cadre du festival Marseille Jazz des Cinq Continents, puis le 30 juin, deux jours avant son 87e anniversaire, au Théâtre antique de Vienne lors du festival Jazz à Vienne. Il passera ensuite le 14 novembre à Paris, au Palais des Congrès.

Dans Marseille figurent trois versions de la chanson-titre, l’une instrumentale et deux autres interprétées par le slameur d’origine congolaise Abd Al Malik et la chanteuse de jazz franco-béninoise Mina Agossi. « Marseille, mon cœur souvent cherche ta caresse. Marseille, ta voix ne cesse de m’appeler. Marseille, ville d’éternité », ainsi débute la chanson-phare du disque.

Amour pour la France

Ahmad Jamal, qui a débuté sa carrière en 1951, entretient depuis plusieurs décennies une relation particulière avec la France : plusieurs de ses concerts parisiens ont fait l’objet d’albums « live », il a été fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2007 et s’est produit près d’une dizaine de fois au festival Jazz in Marciac dans le Gers. Ses deux derniers disques, avant Marseille, ont été publiés sur un label français, Jazz Village (distribution Pias).

« La France m’a tout donné : la joie de vivre et le respect pour ma musique », dit encore le pianiste de Pittsburgh, qui est aussi la ville d’une autre légende du piano, Erroll Garner, qu’Ahmad Jamal a côtoyé.


Photos de Une – crédits : Marc Marnie