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Mellionnec, nouvelle capitale bretonne du documentaire

Mellionnec, nouvelle capitale bretonne du documentaire
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L’association bretonne Ty Films, spécialisée dans le cinéma documentaire, a ouvert une maison des auteurs depuis le mois d’octobre dernier à Mellionnec, un petit village des Côtes d’Armor. Un lieu de travail et de rencontres pour les cinéastes de la région et au-delà. Profession Spectacle leur a rendu visite et a été reçu par Jean-Jacques Rault, directeur de l’association.

Situé en plein cœur du Centre-Bretagne, à 1h30 de Brest et de Rennes, et malgré ses 420 habitants, Mellionnec est une place qui compte dans le monde du cinéma breton. La petite commune des Côtes d’Armor est considérée comme la capitale bretonne du cinéma documentaire, grâce au travail de l’association Ty Films.

Maison des auteurs photo 3Créée il y a tout juste dix ans, Ty Films organise notamment chaque année, au mois de juin, ses Rencontres du cinéma documentaire ; mais depuis octobre, l’actualité du village est marquée par l’ouverture de cette maison des auteurs. Son objectif : « proposer une structure d’accueil et de résidence aux professionnels du documentaire pour les aider à réaliser leurs projets, explique Jean-Jacques Rault, directeur de Ty Films. La région Bretagne est très riche en auteurs et réalisateurs, poursuit-il. Nous avons répondu à des besoins en se demandant : pourquoi ne pas créer un lieu dédié au documentaire, avec des postes de travail, qui permettrait d’accueillir les professionnels mais aussi le grand public ? Pour permettre à des auteurs de se mettre au vert pour se concentrer sur leurs projets. »

Vidéothèque, salle de montage… et cuisine

C’est dans une belle maison en pierre typiquement bretonne de deux étages, située dans le bourg du village, que s’est installée l’association. Jean-Jacques Rault nous fait la visite : « À l’intérieur, on trouve d’abord une grande vidéothèque de plus de 3000 films avec une salle de projection. À l’étage, il y a deux bureaux à disposition des auteurs avec un banc de montage. Au dernier étage, sous les combles, une grande salle nous sert pour les réunions ou les formations. Il y a également une cuisine au rez-de-chaussée pour manger ensemble ou juste prendre un café. La maison a vraiment été conçue comme un lieu de vie convivial. » Si la maison ne propose pas de chambres ni de dortoirs, « on a développé un système de chambres chez l’habitant pour les auteurs », précise Jean-Jacques Rault. « On se crée ainsi notre petite économie solidaire, locale et durable. Mellionnec, c’est cet esprit particulier, un peu à part, où tout le monde se connaît et s’entraide. C’est ce qui donne ce côté hors du temps qui aide à la création. »

Des formations professionnelles toute l’année

Ty Films propose concrètement, dans sa maison des auteurs, des résidences et des formations professionnelles tout au long de l’année, ouvertes à une dizaine de personnes. « Il y a deux thèmes : tout d’abord une formation à l’écriture et à la dramaturgie du documentaire, et ensuite un atelier intitulé ‘‘du désir de film à l’intention’’, avec là aussi de l’aide à l’écriture, ainsi qu’à la recherche de financements ou de producteurs. Ces formations, qui peuvent bénéficier de bourses d’étude, sont toujours pleines ! »

Les projets ne manquent pas : « Un autre objectif est de monter un réseau de maisons des auteurs en France. Nous sommes en contact avec Lussas en Ardèche, qui est l’exemple en la matière. C’est là que se déroule le plus grand festival du film documentaire reconnu au niveau européen (28e édition des États généraux du documentaire du 21 au 27 août 2016) ».

 

10e anniversaire des Rencontres du film documentaire
Pas uniquement créée à destination des professionnels, la maison des auteurs de Mellionnec est ouverte au grand public tous les jours, avec accès à la vidéothèque. Chaque auteur en résidence doit également organiser une soirée publique pour présenter son projet.

Maison des auteurs photo 4L’apothéose est atteinte bien sûr au mois de juin, lors des Rencontres du film documentaire de Ty Films, qui mobilisent tout le village et les alentours. « Une vingtaine de films sont sélectionnés chaque année par un comité de quinze personnes ne comprenant que trois ou quatre professionnels, décrypte Jean-Jacques Rault. Il y a le boulanger du village, un artisan, un informaticien… On y tient car, de cette manière, il n’y a aucune influence, aucun copinage de telle ou telle boîte de production par exemple. Ils développent de plus un regard différent et deviennent même très aguerris. »

Le travail de visionnage est très long en revanche. « On reçoit plus de 400 films venant de France, mais aussi de Belgique, d’Espagne, d’Italie, des Pays de l’Est et même d’Amérique latine. C’est un boulot énorme pour tout regarder, mais c’est aussi un grand plaisir ! On se fait une session tous ensemble, tous les 15 jours environ, et on débat façon ‘‘Le Masque et le Plume’’, la mythique émission de France Inter », plaisante t-il. Rendez-vous est pris en juin prochain pour voir le résultat.

Xavier GRIMAULT

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