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Qui est Fimalac, cette société qui rachète des théâtres parisiens ? 

Qui est Fimalac, cette société qui rachète des théâtres parisiens ? 
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La société d’investissement Fimalac a acquis la majorité de trois théâtres parisiens. Qui se cache derrière ce groupe et pourquoi cette offensive ? Profession Spectacle s’est penché sur cet acteur désormais incontournable des scènes parisiennes. 

Un rachat groupé qui rebat les cartes. La société d’investissement Fimalac a en effet repris trois théâtres parisiens, le théâtre de la Michodière, celui des Bouffes-Parisiens et le théâtre de Paris. Ces trois salles étaient jusqu’ici détenues par Richard Caillat, Stéphane Hillel et Jacques Antoine Granjon, fondateur du site de vente en ligne Vente Privée.

Médias numériques et spectacle vivant

La holding diversifiée, présente dans les médias numériques, le spectacle vivant, l’hôtellerie et l’immobilier, a également acquis « une participation majoritaire » dans la société de production de Richard Caillat, Arts Live. « Ce rapprochement confirme les engagements de Marc Ladreit de Lacharrière de promouvoir, soutenir et accompagner des offres théâtrales de très grande qualité ; avec l’ambition de faire rayonner ces œuvres sur les scènes nationales et internationales », affirme l’entreprise.

Derrière Fimalac, il y a un nom désormais bien connu depuis l’affaire Fillon : le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, condamné en décembre 2018 à huit mois de prison avec sursis pour avoir accordé un emploi de complaisance à Penelope Fillon. L’entreprise qu’il a fondée et qu’il préside détient déjà une participation majoritaire dans plusieurs salles parisiennes, comme le théâtre de la Madeleine, le théâtre Marigny et le théâtre de la Porte Saint-Martin, ainsi que dans Vega, société d’exploitation de salles en province, dont plusieurs Zénith.

Outre neuf sociétés de producteurs, comme Thierry Suc (Mylène Farmer), Gilbert Coullier (Julien Clerc, Francis Cabrel, Dany Boon, Gad Elmaleh), ou encore Michel Marseguerra (Patrick Bruel, Indochine), il contrôle le Silo à Marseille, le Millesium à Épernay et des lieux phares de la capitale comme Pleyel ou le théâtre Marigny. Fimalac a également pris des parts à hauteur de 49 % du festival Les Ardentes. L’événement a accueilli, début juillet à Liège, 100 000 spectateurs en quatre jours, venus écouter Roméo Elvis, Nekfeu, Black Eyed Peas ou encore Aya Nakamura, rappellent Les Échos.

Marc Ladreit de Lacharrière est également très investi dans le mécénat culturel : il est notamment grand mécène du Louvre. En 2006, il a créé la Fondation culture et diversité qui permet aux jeunes issus de milieux modestes d’avoir accès aux études supérieures culturelles ou artistiques d’excellence, ou de pratiquer les arts.

Mutualiser pour baisser les coûts

Reste qu’investir dans des théâtres parisiens est toujours une affaire périlleuse. La faute aux frais fixes du TOM (théâtre en ordre de marche, dans le jargon du métier), c’est-à-dire le loyer, l’électricité et les salaires. Résultat : une pièce à Paris est au mieux à l’équilibre ; c’est en réalisant une tournée qu’elle gagne de l’argent. Et Fimalac a justement le réseau pour cela. Autre argument de poids : la concentration de ces salles au sein d’un même groupe permet d’abaisser les coûts. Un des nerfs de la guerre dans la gestion d’un théâtre.

Et comment réagit la profession ? Cette prise de contrôle progressive ne semble pas les affecter outre mesure. « Je suis artisan, donc forcément nous préférerions des artisans à leur place… Mais ces gens-là s’entourent de personnes qui connaissent le métier », explique au Figaro le comédien Arthur Jugnot. Mais celui-ci, qui dirige deux théâtres, l’un à Avignon, l’autre à Paris, craint en revanche une flambée des prix. « Le problème de ces groupes qui achètent, c’est qu’ils ont des moyens dont ne disposent pas les indépendants. Cela crée une bulle spéculative. Aujourd’hui les seuls à pouvoir décrocher la timbale sont soit de gros industriels soit ce qu’on appelle les ‘‘deuxième génération’’ qui reprennent le flambeau de leurs parents, et en l’occurrence très bien. Derrière, on est quelques-uns à tirer notre épingle du jeu… Mais c’est plus compliqué ! »

Jacques GUILLOUX

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