Le pianiste américain Cecil Taylor, reconnu comme un des plus grands créateurs modernes de jazz et figure de proue du free jazz, est décédé à l’âge de 89 ans.

[avec AFP]

Cecil Taylor avait suivi une formation classique de piano, encouragé par sa mère, à la fois musicienne et danseuse, mais avait trouvé sa véritable vocation en fréquentant les clubs de jazz de Harlem.

Cecil Taylor avait surpris la scène musicale en 1956 avec son premier album Jazz Advance, dans lequel il interprétait des accords ostensiblement discordants tout en fusionnant des rythmes fracassants.

Avec le saxophoniste Ornette Coleman, avec lequel il allait collaborer, Cecil Taylor ouvrit la voie du free jazz, mouvement né à la fin des années 50 qui a libéré les improvisations des contraintes harmoniques. « Une partie de ce qu’est cette musique est qu’elle n’est pas précisément délimitée. Elle est magie et capture des esprits », avait dit Cecil Taylor au critique de jazz Nat Hentoff.

Il enseigna par la suite ponctuellement dans des universités américaine, tandis que ses enregistrements devenaient populaires tant en Europe qu’au Japon.

Jimmy Carter en admirateur de premier ordre

Contrairement au légendaire Ornette Coleman, mort en 2015, Cecil Taylor était un musicien parfois controversé, certains peinant à se laisser convaincre par ses accords brutaux, presque sauvages.

Le pianiste avait cependant un fan de premier ordre en la personne du président Jimmy Carter, qui l’invita en 1978 se produire à la Maison Blanche dans le cadre d’un festival de jazz. Après sa prestation, limitée à cinq minutes, Cecil Taylor avait été de manière inattendue approché par Carter. « Je n’ai jamais vu personne jouer du piano de cette façon », lui avait dit Carter en lui serrant les mains.



Photographie de Une – Cecil Taylor jouant dans le hall Alice Tully du Lincoln Center en 2002
(crédits : Jack Vartoogian / Getty Images)