La chanteuse France Gall, interprète de « Poupée de cire, poupée de son » et « Résiste », est morte dimanche matin à 70 ans d’une récidive de cancer. « France Gall a rejoint le Paradis blanc le 7 Janvier, après avoir défié depuis 2 ans, avec discrétion et dignité, la récidive de son cancer », a indiqué son attachée de communication, Geneviève Salama, dans un communiqué à l’AFP. France Gall avait été hospitalisée mi-décembre à l’Hôpital américain de Neuilly, près de Paris, officiellement pour une infection sévère.

[avec AFP]

 

Des débuts avec Serge Gainsbourg

Née le 9 octobre 1947 à Paris sous le prénom d’Isabelle, dans une famille d’artistes – son grand-père est l’un des fondateurs des petits chanteurs à la Croix de bois, son père, Robert Gall, parolier, écrit « La Mamma » pour Charles Aznavour – France Gall enregistre un premier disque à 15 ans et connaît son premier succès à 16 avec « Sacré Charlemagne », qui devient vite un « tube » des cours de récréation.

Elle est lancée dans la chanson française par l’une des vedettes de l’époque : Serge Gainsbourg lui écrit en 1964 « N’écoute pas les idoles » et « Laisse tomber les filles », avant le fameux « Poupée de cire, poupée de son », avec lequel elle remporte l’Eurovision en 1965.

Leur collaboration ne survivra pas aux « Sucettes à l’anis » ambigües de Gainsbarre, avec lesquelles elle essuie les moqueries.

Muse de Michel Berger

Si elle est lancée par Gainsbourg, France Gall dit « être née avec Michel Berger ». Sa rencontre en 1973 avec Michel Berger, séparé depuis peu de Véronique Sanson, est déterminante : la « poupée » naïve des sixties trouve avec lui une nouvelle maturité, en tant que muse, épouse et interprète pendant près de 20 ans.

De leur union, restent d’inoubliables tubes – « Il jouait du piano debout », « Résiste », « Ella, elle l’a », « Babacar »… – sept albums et de très nombreux concerts, en particulier, un donné en duo au Palais des sports en 1982.

La chanteuse blonde et mutine des « ‘sixties » est néanmoins durement éprouvée par la vie : outre le décès – en pleine gloire – d’un infarctus de Michel Berger à 44 ans, en 1992, elle découvre son cancer du sein l’année suivante. Un des deux enfants qu’elle a eus avec Michel Berger, Pauline, meurt à son tour de mucoviscidose en 1997.

Hommages multiples

« France Gall a traversé le temps grâce à sa sincérité et sa générosité », a réagi Emmanuel Macron, en pleine cérémonie de commémoration des attentats de janvier 2015 à Paris. « Elle laisse des chansons connues de tous les Français et l’exemple d’une vie tournée vers les autres, ceux qu’elle aimait et ceux qu’elle aidait. »

« France, nous avions 20 ans, des bonheurs, des chagrins. Une part de ma vie s’en va avec toi », a réagi Julien Clerc, qui a été son compagnon pendant cinq ans.

La ministre de la culture, Françoise Nyssen, salue « une icône de la chanson française » : « France Gall n’appartenait pas à une génération : elle a su s’adresser à toutes. Elle a affronté les combats personnels en donnant tout pour la musique. »

Pour Jane Birkin, France Gall était « surprenante, candide, mystérieuse […] C’est triste, triste… ».

« Triste façon d’entrer dans les 40 ans de Starmania, après Johnny la série noire continue », a réagi Fabienne Thibeault, chanteuse de la comédie musicale de Michel Berger.