La légende raconte que, pour les Daghestanais, marcher sur une corde était surtout un bon moyen de prendre des raccourcis entre deux villages à flanc de montagne. Cela expliquerait la longue tradition de funambulisme, vieille de plusieurs siècles, au Daghestan, que beaucoup craignent de voir disparaître.

« Au Daghestan, marcher sur une corde était la “route des montagnards”. C’est comme ça que ça a été inventé », explique Askhabali Gassanov, qui dirige la seule école de cirque du Daghestan. Elle est située à Makhatchkala, se nomme Pekhlevan et a été fondée par Askhabali Gassanov, 64 ans, funambule depuis qu’il a 18 ans.

Cette tradition s’est perpétuée au XXe siècle grâce au cirque, très populaire en URSS. Aujourd’hui encore, l’un des plus célèbres funambules russes, Rassoul Abakarov, est Daghestanais. Début septembre, il a marché le long d’une corde à 100 mètres de hauteur entre deux gratte-ciel de Grozny, la capitale de la Tchétchénie.

À Tchakhtchakh, la tradition aurait été depuis longtemps oubliée sans les efforts de Iamoudine Ekhmetkhanov, un acrobate de 68 ans. Avec seulement huit élèves, ce dernier ne peut que constater : « C’est un talent qui se meurt, qui disparaît, mais nous essayons ».

Une tradition qui attend que les pouvoirs politiques daghestanais bougent enfin.

avec AFP