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Sun-A Lee, « Dancing dance for me » : rencontre sans filtre entre court-métrage et chorégraphie

Sun-A Lee, « Dancing dance for me » : rencontre sans filtre entre court-métrage et chorégraphie
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Au théâtre de L’étoile du nord, l’une des soirées du festival ZOA a accueilli le 30 octobre la performance de Sun-A Lee, Dancing Dance for me, mêlant un court-métrage à la danse ; puis celle imaginée par Maria Montero, Men’s Day. Nous saluons et apprécions l’occupation du plateau par des artistes émergents s’engageant et expérimentant des formes plutôt audacieuses. De la création de Sun-A Lee, oscillant entre intimité et réminiscence, découle une rare pertinence dans l’utilisation de la vidéo.

En 2014, la danseuse sud-coréenne Sun-A Lee tourne dans un court-métrage Dance for me réalisé par Kyeong-Yeob Choo. Lorsqu’on l’invite à présenter un solo deux ans plus tard, au Festival du film français à Jeju, l’idée de créer une « projection chorégraphique » jaillit. Sur le plateau du théâtre de L’étoile du nord, c’est un personnage ou plutôt un souvenir sensible qui prend forme sous nos yeux grâce à la magie du présent et le miroir de la projection.

Dans ce court-métrage, Sun-A Lee interprète une danseuse contemporaine ; celle-ci revoit son ex-amant et accepte de lui donner une dernière danse au cœur d’une forêt enneigée. Nous ne faisons pas ici une critique de ce court-métrage dégageant indéniablement une douceur et une poésie, loin de tout ressentiment inhérent à ce type de situation. C’est la mise en perspective avec la présence de ce corps en mouvement devant l’écran qui nous intéresse.

L’arrêt sur image est privilégié pour laisser place aux actions de la danseuse sur le plateau. Ce choix est judicieux : l’image peut alors servir de décor ou laisser en écho une sensation particulière. Nous sommes dans deux temporalités, celle du film, et donc d’un passé fictif, et celle du plateau, au présent, avec la sensibilité des souvenirs – d’une histoire et d’un tournage – qui se sont déposés.

Tels des archéologues en face d’une zone de sédimentation, nous sillonnons à travers ses couches subtiles pleines de résonances croisées. Il n’est pas ici question de représenter un personnage filmé qui aurait atterri dans la salle en direct pour poursuivre une action. Il s’agit plutôt d’affirmer cette dichotomie du passé et du présent, de l’utiliser et de la sublimer. La danse finale dans la forêt enneigée, seule séquence dansée à la fois à l’écran et au plateau, est l’un des moments les plus probants. Sun-A Lee ne cherche pas à reproduire la même chorégraphie accomplie alors, mais plutôt la trace que le corps aurait gardée en mémoire.

Le procédé de réaliser une chorégraphie à partir d’un court-métrage déplace, renverse une utilisation de la vidéo dont le but premier est souvent de soutenir un spectacle vivant. En revanche, grâce à la sincérité de sa mise en œuvre, Dancing Dance for me nous confie une clé précieuse de nouvelles perceptions temporelles.

Vincent PAVAGEAU

 



Spectacle : Dancing Dance for me
  • Création : 2016, Festival du film français, Jeju, Corée du Sud
  • Durée : 35mn
  • Public : à partir de 10 ans
  • Chorégraphie : Sun-A Lee
  • Avec Sun-A Lee
  • Lumières : Margaret Olliveaux
  • Compagnie : Sun-A Lee
  • Production : Association Lorreus / Cie SunadanSe
  • Soutien : Centre culturel coréen de Paris

Crédits photographiques : Cie SunadanSe

En téléchargement
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OÙ VOIR LE SPECTACLE ?

Spectacle vu le 30 octobre au théâtre de L’étoile du nord, à Paris.

  • Aucune date connue à ce jour.

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Sun-A Lee, Dancing Dance for me



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