Après avoir composé entre 1874 et 1875 les 4 premiers poèmes symphoniques qui constituaient le début du cycle « Ma Patrie », son grand œuvre patriotique dans lequel figure sa célèbre « Moldau », Bedřich Smetana (1824-1884), le père de la musique tchèque moderne, avait laissé reposer le tout comme pour les meilleures pâtes pendant 3 ans. En 1878-79, il écrit les deux derniers morceaux du cycle, « Tábor » et « Blaník », tous deux créés le 4 janvier 1880. Le compositeur est alors fortement perturbé par une surdité profonde, provoquée par la syphilis. 

[Éphéméride]

Tábor est un tableau âpre et épique qui décrit l’emplacement d’un camp hussite.

Blaník, qui forme un ensemble homogène avec le précédent, a une instrumentation plus riche, plus raffinée, et conclut le cycle avec confiance, héroïsme et optimisme. Il s’agit d’une montagne de Bohème sous laquelle, selon une légende tchèque, des guerriers dorment. Ils se réveillent lorsque le pays est menacé, afin d’aller le sauver.

Voici pourquoi le cycle « Ma patrie » est considéré comme un exemple caractéristique des musiques « nationales » en vogue dans la seconde moitié du XIXe siècle, en particulier dans la mosaïque austro-hongroise.

Mais pour être national(ist)e, la partition n’en est pas moins d’un très grand intérêt sur le plan harmonique et mélodique. Ici interprétée par l’un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre – et aussi l’un des plus grands chefs tchèques – Rafael Kubelik, à la tête d’un orchestre américain (Boston), plein de couleurs.

Cédric MANUEL