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“aSH” d’Aurélien Bory et Shantala Shivalingappa : un spectacle captivant et un appel à la résilience

“aSH” d’Aurélien Bory et Shantala Shivalingappa : un spectacle captivant et un appel à la résilience
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Conçu par Aurélien Bory et chorégraphié par Shantala Shivalingappa, aSH, œuvre chorégraphique et plastique, explore une création et une destruction permanente à l’image de Shiva, le dieu de la danse. Un spectacle captivant, surprenant, en même temps qu’un appel à la résilience.

Après une création en 2018 pour le festival Montpellier Danse, aSH investit La Scala à Paris jusqu’au 1er mars. Cette pièce, entre œuvre chorégraphique et plastique, est conçue par Aurélien Bory, et chorégraphiée et interprétée par Shantala Shivalingappa. aSH est à la fois une référence aux prénom et nom de la danseuse, et à la proposition d’Aurélien Bory à Shantala Shivalingappa de « faire expérience de la cendre ».

Le résultat est une ode à Shiva, dieu de la danse, créateur et destructeur. Toute image créée sera détruite l’instant d’après, avant d’en faire naître une nouvelle. Il jaillit alors de ce processus un spectacle captivant, surprenant, mais aussi un appel à la résilience.

Un dispositif scénique étonnant

Au fond de scène, un mur imposant se dresse, tel un écran ; il est d’abord le support d’une projection kaléidoscopique. Pourtant, il finit ensuite par se mouvoir. La matière questionne, du tissu ou du papier, peut-être une fine plaque en métal. Un souffle provenant du fond de la salle semble soulever cette toile et l’entraîne alors toujours plus loin. Ce mouvement génère un bruit mécanique et percutant, amplifié notamment lorsque la toile retombe sur sa structure.

Shantala Shivalingappa danse devant, parfois poussée par cette gigantesque nappe, parfois la repoussant. Il est difficile de percevoir qui est le moteur et qui est le récepteur de cette vague inondant le plateau. Plus la toile avance, plus elle apparaît comme un monstre voulant engloutir la salle et que la danseuse tente, par sa danse, de dompter. Le mécanisme permettant un tel artifice demeure invisible : aucune soufflerie n’est audible, personne ne se trouve derrière la toile. Il faut accepter alors cette incompréhension et plonger dans la magie de ce dispositif.

Une danse dessinant l’espace

Entre sa pratique d’un art ancestral, le « kuchipudi », et celle de la danse contemporaine, Shantala Shivalingappa bouge avec les éléments qui l’entourent : avec les percussions du compositeur Loïc Schild et avec la toile en mouvement, dans un premier temps. Jouant de gestes précis et traçant des lignes dans l’espace, elle installe une ambiance apaisante. Son regard, intense, est un champ de vibrations puissantes quand il se fixe sur les spectateurs ; il amène une certaine solennité.

Lorsque la toile repose sur le sol dans une deuxième partie, elle y déverse de la farine grâce à un tamis. Les cendres ruissellent puis éclairent l’obscurité de la toile. Shantala Shivalingappa dessine dès lors des cercles, points, spirales, créant des fractales ou des rosaces, sans cesse renouvelées, sans cesse détruites pour faire place à la prochaine forme. Le terme de toile trouve ici l’un de ses sens premiers. Le corps de la danseuse a une perception aiguë de la géométrie qu’il peut inscrire dans l’espace. Proche de la virtuosité, la danse de Shantala Shivalingappa transforme constamment son environnement ; la regarder en révèle une de ses facettes immatérielles et imperceptibles.

Par cette rencontre entre le dispositif plastique, la musique jouée en direct et la danse de Shantala Shivalingappa, aSH explore la destruction et la création permanente d’univers multiples. La toile finit par joncher le sol, tel le vestige du voyage qui vient d’être achevé ; et nous repartons peut-être avec une nouvelle force pour affronter les défaites à venir.

Vincent PAVAGEAU

 



SPECTACLE : aSH

Création : festival Montpellier Danse 2018

Durée : 1h

Public : à partir de 6 ans

Conception, scénographie et mise en scène : Aurélien Bory

Chorégraphie : Shantala Shivalingappa

Avec : Shantala Shivalingappa & Loïc Schild (percussions)

Collaboration artistique : Taïcyr Fadel

Création lumière : Arno Veyrat assisté de Mallory Duhamel

Conception technique décor : Pierre Dequivre & Stéphane Chipeaux-Dardé

Costumes : Manuela Agnesini avec l’aide de Nathalie Trouvé

Régie générale : Arno Veyrat & Thomas Dupeyron

Régie plateau : Thomas Dupeyron ou Robin Jouanneau

Régie son : Stéphane Les

Régie lumière : Mallory Duhamel ou Thomas Dupeyron

Compagnie : 111

Crédits photographiques : Aglae Bory

aSH Shantala Shivalingappa (crédits : AglaeBory)



OÙ VOIR LE SPECTACLE ?

Spectacle vu le 16 février à La Scala, Paris.

  • Du 16 février au 1er mars : La Scala – Paris
  • 24 mai : théâtre de l’Olivier – Istres
  • 28 et 29 mai : théâtre de Caen

Toutes les dates : tournée

aSH Shantala Shivalingappa (crédits : AglaeBory)

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