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AVIGNON – Retour de la Comédie-Française et hommage à André Benedetto

AVIGNON – Retour de la Comédie-Française et hommage à André Benedetto
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L’édition 2016 d’Avignon est d’ores et déjà placée sous le signe de la chaleur, avec plus de 35°C chaque jour. Cela n’empêche pas les festivaliers d’arriver pour découvrir l’exceptionnelle programmation du festival In et les quelque 1400 spectacles du Off. Entre la présence de la Comédie-Française après 23 ans d’absence et les 50 ans de la naissance du Off, ces premiers jours présagent de belles semaines à venir…

Le fait marquant du festival, évoqué depuis près d’un an dans les médias, à Paris comme à Avignon, est le retour de la Comédie-Française en terre provençale. Cécile Helle, maire de la ville, ne s’est pas privée de le rappeler d’emblée : « Je suis très contente que la Comédie-Française revienne cette année à Avignon. J’entends bruisser la ville depuis quelques semaines : le spectacle des Damnés, qui aura lieu dans la Cour d’honneur du Palais des papes, est très attendu. C’est un temps exceptionnel dans la vie de cette cité ! »

Éric Ruf, « spectateur ébahi mais solitaire »

Le jour même de l’ouverture officielle du festival In est inaugurée, à la Maison Jean Vilar, une exposition aussi belle qu’originale : Métamorphoses de la scène, qui traverse 70 ans de scénographie de la Comédie-Française. « On voit dans ces maquettes 70 ans d’histoire de la Comédie-Française, explique Éric Ruf, administrateur général de la Comédie-Française. Les arts décoratifs sont une petite partie de l’histoire de la Comédie-Française. Celles présentées concernent uniquement la salle Richelieu. »

Éric Ruf

Éric Ruf

Elles sont conservées, ou plutôt entassées, dans les ateliers de décor de Sarcelles, sans personne pour les voir : « C’est une mine aux trésors absolue. Lorsque je me balade là-dedans, je suis un spectateur ébahi, et malheureusement solitaire. Les techniciens connaissent l’endroit, mais peu de personnes y vont ». C’est la raison pour laquelle Éric Ruf, scénographe « à ses heures gagnées », confie à Agathe Sanjuan le soin de bâtir une exposition : la conservatrice de l’institution se met au travail et en sélectionne 63, de 1920 à nos jours : « Je suis heureux que les spectateurs puissent enfin découvrir ces petits chefs-d’œuvre, ces petites maisons de poupée ».

 Le résultat est très réussi : les évolutions de la scénographie – entre rupture et continuité – nous sont dévoilées pièce après pièce. Les murs de la salle Richelieu semblent modulables à l’envi, en fonction de la créativité de concepteurs tantôt classiques tantôt novateurs.

André Benedetto, un homme « bon et furieux »

Près de 150 personnes étaient présentes ce jeudi 7 juillet, au lendemain de la grande parade, pour le dévoilement de la plaque en hommage à André Benedetto, fondateur involontaire du Off avec sa pièce Statues, en 1966. Un acte prophétique qui fait encore du théâtre des Carmes, 50 ans plus tard, le lieu fondateur pour les milliers de compagnies qui, chaque année, investissent la cité des papes.

Bertrand Hurault 5

Bertrand Hurault

Sur le côté, quelques vieux copains semblent discuter du grand homme ; parmi eux, le compagnon fidèle, des fondations à la mort d’André Benedetto : Bertrand Hurault. Il n’y a pas à les forcer, les souvenirs émergent soudain, abondants : « J’avais 17 ans à l’époque, se souvient Christian Bourgeois. J’habitais sur la place des Carmes et suis allé voir la pièce Statues. Je croise André Benedetto sur la place deux mois plus tard : on papote, il me donne un texte quelques jours plus tard ; une semaine après, j’étais devenu comédien. J’ai notamment joué dans Napalm, pièce qu’André a écrite et mise en scène. Je suis resté dans sa compagnie de 1966 à fin 71 ».

« André avait besoin de la scène pour exister ! » (Jean-Marc Peytavin)

Donner sa chance à qui le désire, ainsi fonctionnait effectivement André Benedetto… Bertrand Hurault se souvient ainsi qu’un apprenti-boucher qui aimait écrire avait reçu commande de Benedetto d’un texte sur les abattoirs d’Avignon. Lui qui n’avait pas le bac, il a passé le concours pour entrer à l’université et est devenu doyen d’une faculté de sociologie.

Dévoilement de la plaque par Ariane Mnouchkine 4

Dévoilement de la plaque.

« Statues, c’est un immense souvenir pour nous tous, confirme Jean-Marc Peytavin, auteur de Textures, film réalisé à partir de témoignages sur Benedetto. Nous avons découvert un théâtre de combat, que nous recherchions tous. André avait besoin de la scène pour exister ! »

Un résistant, un combattant, un pédagogue, un passeur, un maïeuticien, un poète… André Benedetto ne manque pas de désignations de la part de ses amis. Sa présence reste prégnante, entre enthousiasme et émotion.

Ainsi Ariane Mnouchkine, au moment de dévoiler la fameuse plaque : « Derrière sa beauté physique, il y a un poète, un homme bon et un homme furieux. Il a vu ce que nous devons tous savoir… ce que nous devons tous être, à la fois fureur et amour ».

Pierre MONASTIER

Profession Spectacle aura l’occasion de revenir sur les deux événements :

  • sur l’exposition avec Agathe Sanjuan ;
  • sur André Benedetto avec Bertrand Hurault.
Ariane Mnouchkine

Ariane Mnouchkine

Plaque en hommage à André Benedetto.

Plaque en hommage à André Benedetto.


Crédit Photos : Pierre Monastier

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