La catastrophe annoncée se précise chaque jour un peu plus. Afin d’évaluer les conséquences du coronavirus pour le secteur des concerts, la FEVIS a mené, du 29 avril au 12 mai 2020, une enquête auprès de ses adhérents français lui permettant de dresser un premier panorama de l’impact de la crise sanitaire sur les ensembles musicaux indépendants des musiques de patrimoine et de création. 

Sur quoi la FEVIS – Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés qui représente 155 ensembles indépendants en France – s’est-elle fondée pour tirer ses conclusions ? Sur les réponses de ses membres, c’est-à-dire des ensembles indépendants dont le modèle économique repose très majoritairement sur les recettes propres et l’autofinancement (70 % en moyenne) et dont le taux de fonctionnement est d’environ 25 %.

Les réponses de 91 ensembles dessinent un bilan chiffré des annulations et des pertes de chiffre d’affaires qu’elles ont entraînées. Il leur a été demandé de mentionner seulement les annulations depuis le début de la crise sanitaire et de n’inclure que les dates dont l’annulation leur a été formellement notifiée ou est en cours de processus. Si l’on considère que la grande majorité (83 %) de ces déclarations sont relatives à la période de mars à juillet 2020, on peut pronostiquer que les annulations ainsi décrites ne représentent qu’une moitié environ des annulations totales.

Pour tenter de se représenter l’étendue de la crise pour ce secteur, Profession Spectacle a retenu quatre chiffres marquant de cette étude.

45,6 % de chiffre d’affaires en moins

Selon cette étude, les annulations des concerts en raison du coronavirus représentent une perte de chiffre d’affaires de 11 millions d’euros, soit une baisse de 45,6 % par rapport à ce qui était prévu. Dans le détail, au vu d’un budget prévisionnel annoncé par la totalité des 91 répondants de 44 250 613 euros et d’un chiffre d’affaires prévisionnel de 24 491 418 d’euros, les annulations décrites par ces ensembles représentent d’ores et déjà une perte de chiffres d’affaires de 45,6 %, soit 11 165 972 euros.

2 246 523 euros de pertes sèches

Plus significatif est le montant des pertes sèches des ensembles : les ensembles annoncent des pertes sèches de 2 246 523 €, soit une perte moyenne de 24 687 € par ensemble. Ces pertes sèches représentent en moyenne 20 % du chiffre d’affaires perdu.

2 730 jours de travail annulés

En plus des annulations de concerts, ce sont au total 1 394 jours de répétitions et 54 jours d’enregistrements qui ont également été supprimés lors de la crise. Ce qui fait qu’au total, le cumul actuel de jours de travail de représentations, de répétitions et d’enregistrements annulés est donc de 2 730 jours. Cela concerne 891 productions pour 11 704 contrats de travail individuels.

FEVIS coronavirus

4,7 % des recettes prévisionnelles indemnisées 

Les indemnités versées aux ensembles à la suite des annulations de leurs représentations ne représentent que 4,7 % des recettes prévisionnelles. Et seulement 6,7 % des représentations ont pour l’instant été indemnisées. Les ensembles doivent supporter 80 % des frais qui restent à leur charge une fois versées les indemnités chômage partiel et autres aides d’urgences.  « C’est très loin d’être suffisant, déplore Louis Presset, délégué général de la FEVIS, interrogé par France Musique. L’État doit comprendre que les mesures annoncées jusqu’à présent ne suffisent pas. Bien sûr, les salles de concerts et les organisateurs peuvent plus jouer le jeu. Mais ce que nous demandons surtout, c’est de pouvoir reprendre ! Nous avons besoin de cohérence. Pourquoi certains secteurs, comme la SNCF par exemple, ont-ils pu bénéficier d’un assouplissement des règles sanitaires, et pas le nôtre ? Nous sommes des gens sérieux et sommes tout à fait capables d’appliquer des règles sûres. »

Jacques GUILLOUX

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