Enquête poétique au cœur de la psyché des êtres, L’Absolu replace le désir au centre de nos vies. Absolu, car insaisissable à celui qui veut le maîtriser. Ce spectacle vertigineux de la compagnie Les Choses de Rien questionne justement le rien, le vide, l’infini… Une allégorie de l’acte de création.

Dossier de presse

Une quête qui induit un procès, un mythe réinventé où l’homme se trouve en conflit avec lui-même, ses dieux et ses démons, sa zone sombre et sa part flamboyante. Cette création de cirque métaphysique se joue sous Le Silo, un chapiteau de tôle à quatre étages, offrant une expérience physique aux spectateurs.

Notre d’intention

Comme pour atteindre ce que nous ne voulons pas connaître, par désir de pure incarnation.

« L’homme au départ n’est que néant, son existence est “absurde”, dénuée de sens. Ce sont ses choix qui le font “être”, qui le font devenir un être raisonnable, qui donnent à sa vie un sens : d’où le nécessaire et libre engagement auquel il est condamné. De ce fait l’homme est partagé entre l’angoisse de son néant originel et l’incertitude de ses choix de vie. […] L’art incarne l’aspiration de l’homme à atteindre l’infini, à s’approcher de la vérité, à fixer celle-ci, en dépit de sa moralité, en dépit du fait que l’homme au cours de sa vie ne parvient pas à atteindre l’absolu. […] L’art porte en lui une nostalgie d’idéal, en exprime la quête, apporte à l’homme l’espérance et la foi. Et plus le monde que décrit l’artiste paraît sans espoir, plus clairement doit être encore ressenti l’idéal qu’il lui oppose. » (Andrei Tarkovski)

Au premier jour était ce livre Le Temps scellé d’Andrei Tarkovski. La suite n’en est que la répercussion. Étant très influencé par l’existentialisme et son lien intime avec l’idée de création pure, je suis aujourd’hui très sensible aux nouvelles déviances existentialistes de notre société, de l’image et du paraître, que ce soit sur l’aspiration de la représentation de soi ou sur l’absorption du lien social dans les réseaux virtuels passant par la médiatisation de tout être. Cette pulsion collective destine les nouvelles générations à communiquer les signes de leur existence plutôt que de partager l’essence de leur être par pulsion narcissique d’abandon de la personne à sa seule représentation.

Le spectacle étant sur la place d’honneur de ce qui est annoncé, j’aimerais par les trois volets du triptyque qui composeront l’Absolu — Le miroir, Le procès et Le sacrifice —, questionner ces enjeux, rééquilibrer l’importance de ce que l’ombre apporte à la lumière, au relief; de ce que l’invisible crée de visible, fait jaillir l’acte de création et par là de plutôt m’adresser au sens inconscient de chacun.

Cette création de la Cie Les Choses de Rien questionne justement le rien, le vide, l’infini. Une allégorie de l’acte de création, ou l’allégorie d’un solo qui induit son propre procès.

Absolu car insaisissable à celui qui veut le maîtriser. Une Quête, un mythe réinventé où l’homme se trouve en conflit avec lui-même, ses dieux et ses démons, sa zone sombre et sa part flamboyante. Comme l’homme entretient et a besoin de la tragédie dans nos sociétés contemporaines, pour soutenir son rapport à la mort et par-là faire sens à la vie.

Une enquête poétique au cœur de la psyché des êtres, qui replace le désir au centre de nos vies. Un voyage de l’immanence à la transcendance, comme de l’intérieur à l’extérieur, ou du réel à l’imaginaire. Autant d’invitations à percevoir la lumière et la grâce de l’autre côté du miroir.

Miroir au sol et illusions d’optique deviennent partie prenante de la création lumière qui pour mieux jouer de nos perceptions, se synchronisent au son dans un univers cinématographique. Un corbeau volant dans ce tribunal interprète la figure du double, du juge, du bourreau. L’acrobatie aérienne sur des agrès de cirque réinventés, contorsion, performance physique, immolation, seront traversées dans une approche chorégraphique du geste comportemental poussant le corps à l’extrême.

Boris Gibé

Renseignements et distribution

Durée : 1h
Public : à partir de 12 ans

De et avec Boris Gibé
Regard dramaturgique Elsa Dourdet
Regard chorégraphique Samuel Lefeuvre, Florencia Demestri
Costumes Sandrine Rozier
Régie technique et plateau Quentin Alart, Florian Wenger, Armand Barbet en alternance
Régie son et lumière Olivier Pfeiffer, Romain de Lagarde, Andrea Bozza en alternance
Scénographie Clara Gay-Bellile, Charles Bédin
Création lumière Romain de Lagarde
Réalisation sonore, régie technique Olivier Pfeiffer

Où voir le spectacle ?

– Du 7 janvier au 5 février 2020 : Espace Cirque d’Antony

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