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Claire Denis : High Life « parle d’amour, de solitude et de tendresse »

Claire Denis : High Life « parle d’amour, de solitude et de tendresse »
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High Life, le dernier film de Claire Denis, est sorti cette semaine dans les salles françaises. Concourant en compétition officielle lors du dernier festival de San Sebastian, il a remporté le Prix FIPRESCI… et le cœur des critiques. Entretien.

Synopsis – L’histoire d’un groupe de criminels expérimentés condamnés par la justice. Sur leur temps d’emprisonnement, ils acceptent de participer à une mission spatiale gouvernementale, vouée à l’échec, dont l’objectif est de trouver des sources d’énergie alternatives, et de prendre part à des expériences de reproduction…

Comment s’est passée l’écriture du film ?

C’est toujours la même chose. Jean-Pol [Jean-Pol Fargeau] et moi partons toujours de l’idée que nous avons du film que je veux faire pour nous mettre au travail. Ensuite, il s’agit de trouver le début, la manière dont on va entrer dans l’histoire. Cette fois-ci, nous avons trouvé qu’une belle manière de commencer serait d’avoir un bébé tout seul dans un vaisseau spatial tandis que son père est dehors, sur le toit de l’engin. Ensuite, dès que cette fondation simple et solide est là, on sait que le reste va fonctionner. Si Jean-Pol et moi ne trouvons pas la bonne porte d’entrée pour le récit, alors nous repartons à zéro. En revanche, dès que nous avons cela, nous savons que le reste va fonctionner.

C’est votre premier film en anglais, ainsi que votre tout premier qui soit de la pure science-fiction. L’entreprise a-t-elle été difficile ?

Honnêtement, non. Le producteur anglais, Oliver Dungey, m’a demandé si je voulais faire un film en anglais. J’ai dit oui, mais comme ce n’est pas ma langue natale, il fallait qu’il y ait une bonne raison pour que les personnages parlent anglais. C’est ensuite que j’ai proposé cette histoire, parce que les gens qui vont dans l’espace aujourd’hui parlent soit russe, soit anglais, peut-être chinois dans un future pas trop éloigné. Ça m’a paru tout à fait normal.

Comment avez-vous décidé de recréer le décor du vaisseau comme vous l’avez fait ?

J’avais la forme du vaisseau en tête dès le début. Je savais que dans le vide, la forme n’est pas importante, car il n’y a pas de résistance, de sorte qu’un vaisseau qui va à cette vitesse peut avoir n’importe quelle forme. J’étais prête à ce qu’il ait cette forme, aussi simple qu’elle puisse être. Ce qui a été plus difficile, c’est de m’assurer que le chef-décorateur comprendrait que le plus simple était le mieux. Et je ne voulais pas que le vaisseau soit blanc : je voulais qu’il soit beige, marron et rouge. Pour moi, le blanc représente la conquête de l’espace alors qu’ici, c’est différent : ils sont prisonniers, ils ne sont pas là pour conquérir quoi que ce soit.

À Toronto, des gens se seraient évanouis pendant la projection. Est-ce que c’est vrai ? Comment avez-vous réagi quand vous l’avez su ?

Je n’ai rien lu de tel dans la presse. Des gens ont dit ça sur Twitter. Je n’ai jamais eu de critiques aussi enthousiastes, donc rien de triste ici. Quelque chose du même genre m’est arrivé avec Trouble Every Day, mais la situation est très différente. Ce film parle d’amour, de solitude et de tendresse.

Le personnage de Robert Pattinson est un criminel qui a tué un de ses amis quand il était enfant à cause d’un jouet. D’où vient cet élément du film ?

De faits réels. Je discutais avec Robert, et je songeais bien à un crime commis pendant l’enfance, et c’est alors que je me suis rappelé cette histoire : celle d’un petit garçon anglais qui a tué un ami pour une histoire de jouet ou quelque chose dans ce goût, et qui a été envoyé en prison. Ensuite, quand il a eu 20 ans, le gouvernement britannique lui a accordé un changement de nom, il s’est fait un nouveau visage et il est parti au Texas pour refaire sa vie. Après cinq ou six ans au Texas, il a de nouveau tué quelqu’un. Je pense que ce qui lui est arrivé est qu’après avoir été incarcéré enfant, perdu contact avec sa famille et changé de nom et tout cela, toutes ces mesures de sécurité lui ont volé son humanité. Robert a repris cette histoire et il l’a utilisée pour son personnage.

Propos recueillis par Cristóbal SOAGE



Source partenaire : Cineuropa



 

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