Madline Marbaix-Madinier et Marie-Laure Brossolasco forment un duo franco-belge désirant bousculer les frontières de genres. La Compagnie l’Intrigante, fondée cet été, lance son premier récital ce soir, vendredi 3 novembre, au Café de Paris à Ménilmontant (Paris XI). La soirée promet d’être étonnante, avec une programmation qu’elles veulent éclectique et festive : extraits de comédie musicale, d’airs d’opéra, de morceaux de jazz, de variété française, entrecoupés d’une tombola pour soutenir le lancement de leurs concerts à venir.

Comédie musicale et art lyrique

Caractère, origines, traditions artistiques, rien ne semble a priori réunir ces deux jeunes chanteuses…

Madline Marbaix-Madinier, spontanée et extravertie, conte comme elle respire. Façonnée par le théâtre dans une famille de comédiens bruxellois, elle éprouve très tôt le désir de monter sur les planches. Mais, à 12 ans, lors d’un voyage familial à New York, elle est saisie par La fièvre du samedi soir, à Broadway ; son désir se tourne alors, plus sûrement encore, vers la rencontre entre musique et théâtre, la comédie musicale. Si elle se forme d’abord à l’art dramatique à Bruxelles, elle revient par la suite à son premier amour, dans une école parisienne de comédie musicale.

Marie-Laure Brossolasco, calme et réservée, choisit ses mots et exclut l’anecdote. Berrichonne, elle suit très jeune une formation instrumentale – clavecin, trombone –, avant d’être repérée par un chef de chœur. Elle poursuit alors une longue formation de chant, à Châteauroux, puis à Bruxelles ; elle sort diplômée en art lyrique en 2015. Elle se produit depuis sur diverses scènes d’opéra dont celui – prestigieux – de la Monnaie, au cœur de la capitale belge.

Elles auraient pu se croiser dans les couloirs du Conservatoire National de Bruxelles, mais c’est à Paris, où Madline Marbaix-Madinier cherche un pianiste pour l’accompagner à une audition en janvier dernier, qu’elles se rencontrent pour la première fois. Cette fortuite collaboration conduit à une alchimie telle qu’il devient évident pour chacune de monter un projet artistique commun, à partir de leurs univers respectifs. Les deux jeunes artistes se compètent bien : « Marie-Laure s’occupe de tout ce qui a trait à l’oreille et moi, des yeux et de la tension rythmique héritée du théâtre », explique Madline.

Entrelacement des genres pour « bousculer » le spectateur

En quelques semaines, elle fonde l’Intrigante, compagnie vouée non seulement à « bousculer » le spectateur, mais aussi à réunir dans un même lieu des mélomanes aux traditions multiples. En croisant ainsi les genres, les deux chanteuses espèrent autant rendre hommage à différents répertoires que montrer qu’il n’y a pas de fatalité – pour l’interprète comme pour l’auditeur – à se limiter à un seul style. « On peut chanter de tout, on n’est pas cantonné à un style de musique du fait de nos capacités et de nos goûts. » Il s’agit aussi de jouer la carte de l’humour, « à petites doses », par des interprétations décalées et cet entrelacement des genres.

Les deux jeunes artistes ont par ailleurs écrit un spectacle jeune public, proposé et retenu par 12 classes, notamment en Hauts-de-Seine : Le Grimoire de Noël. Ce projet artistique et pédagogique propose, à des enfants entre 5 et 10 ans, un conte musical, rassemblant des extraits de pièces et de textes classiques, tels Casse-noisettes, La petite fille aux allumettes, ainsi qu’une trame narrative et des compositions originales.

Outre ce premier concert à Paris, elles sont d’ores et déjà attendues à Bruxelles les 15, 22 et 29 décembre prochains pour trois récitals à l’Etincelle. La compagnie propose également des concerts à la carte – à partir d’une liste de plus 120 morceaux – pour des événements privés (mariage, séminaire…). Une souplesse qui permet de conjuguer passion, travail et représentations.

Pauline ANGOT



Cahier photographies (crédits : Cie L’Intrigante)